6 expos cet hiver à Paris: vive Thalys!

Du vendredi 13 décembre 2019 au dimanche 26 janvier 2020 | Texte : Sophie Massalovitch, Photos : © Roy Export Co
Chaplin s’essayant au trombone dans ses studios, 1918, à la Philharmonie de Paris.

Tous les arts sont au rendez-vous : l'Histoire avec Marie-Antoinette, peinture avec Hans Hartung, sculpture avec Ossip Zadkine et Barbara Hepworth, architecture avec Otto Wagner… et même cinéma avec Charlie Chaplin !

1. Marie-Antoinette

Jusqu’au 26 janvier: La figure de Marie-Antoinette ressurgit depuis des mois, avec des déclinaisons diverses: dans les défilés de mode, les expos (à Versailles), les sujets de livres. A la Conciergerie, qui fût le dernier endroit où Marie-Antoinette attendait son procès et était retenue prisonnière et séparée de tous (elle fût décapitée le 16 ocotbre 1793), une très belle exposition retrace les derniers jours de cette reine venue d'Autriche, avec des documents émouvants (comme le funeste et très douteux témoignage de Louis XVII influencé par ses geôliers relatant des actes d'inceste venus de sa tante et de sa mère....), des reliques des dernières années, des portraits du temps du fatse de Versailles, du Petit Trianon et du Hameau de la Reine; mais aussi les marques d'influence de cette peronnalisté unique. Cinéma, mode, romans, beauté, indépendance, elle fput une égérie pour de nombreux créateurs. L'expo finit fin janvier, elle vaut vraimlent la peine d'être vue. Un billet "coupe-file" est à 9€. 
Conciergerie - 2, boulevard du Palais, 75001 Paris, tél: 33 / (0)1 53 40 60 80. Ouvert tous les jours de 9h30 à 18h. Nocturnes le mercredi soir jusqu’à 20h30. Dernier accès 1 heure avant la fermeture . Fermé le 25 décembre.
EN MÉTRO // EN RER : Ligne 4, station Cité, lignes 1, 7, 11 et 14, station Châtelet // ligne B et C, station Saint-Michel.

Si vous voulez lire un fantastique livre sur Marie-Antoinette avant d'aller voir l'expo, on ne peut que vous recommander le "Marie-Antoinette" de Stefan Zweig. 

Site: paris-conciergerie.fr/Actualites/Marie-Antoinette-metamorphoses-d-une-image

 

2. Son et lumière

Jusqu’au 26 janvier : Charlie Chaplin a vu le jour en 1889, l’année de l’invention du cinéma. Le hasard n’existe pas ! Le personnage de Charlot, lui, est né en 1914. Obstinément muet, il parviendra à résister au cinéma parlant, et avec quel brio. Il tire sa révérence en 1940, avec "Le Dictateur", l’unique film où Charlot prend la parole. Chaplin abandonne ensuite son héros, avant de se retirer à Vevey, en Suisse, où il meurt en 1977. Une exposition lui rend hommage à la Philharmonie de Paris. Paradoxalement, elle s’intéresse à la musique ; on apprend ainsi que Charlie Chaplin a composé lui-même la bande-son des "Lumières de la ville" et sonorisé a posteriori la plupart de ses films silencieux.
Charlie Chaplin - l’homme-orchestre. Philharmonie de Paris, Musée de la musique. 221 av Jean Jaurès, XIXe. Site: philharmoniedeparis.fr. Du mardi au vendredi de 12h à 18h, samedi et dimanche de 10h à 18h. 11 €.

 

3. La modernité à la fête

Jusqu’au 16 mars : La Sécession viennoise, le courant artistique qui s’épanouit dans la capitale autrichienne au tournant du XIXe siècle, rompt résolument avec l’académisme. En architecture, il est dominé par Otto Wagner (1841-1918). C’est lui qui s’affranchit le premier de l’éclectisme néo-Renaissance pour épouser un « Art nouveau » : le Jugenstil. Otto Wagner s’enhardit même à dépouiller les façades de leurs décors pompeux. Il remplace les motifs sculptés par des ornements plats et joue avec le contraste des couleurs. Située sur le Ring, la Postparkasse (1904-1906), ou Caisse d’Épargne de la Poste, est la plus emblématique de ses réalisations. Elle illustre sa démarche avec talent, entre esthétique et fonctionnalité, et préfigure déjà le mouvement moderne. La Cité de l’Architecture dédie une exposition à l’architecte autrichien. Sont présentés ses principaux chefs-d’œuvre : l’entrée de la station de métro Karlsplatz, devenu le Pavillon Otto Wagner, Majolikahaus, la maison aux majoliques, à la splendide façade carrelée et très colorée, l’Église Saint-Léopold, Leoploldkirche, etc. Il ne faut surtout pas rater la projection du film documentaire : l’occasion d’une passionnante promenade dans Vienne !

Otto Wagner - maître de l’Art nouveau viennois. Cité de l’Architecture et du Patrimoine, 1 place du Trocadéro, XVIe. Site: citedelarchitecture.fr. Tlj sauf mardi, de 11h à 19h, le jeudi jusqu’à 20h. 8 €.

 

4. Promenade dans les bois

Jusqu’au 23 février : Jean Arp, Constantin Brancusi, Victor Brauner, Alberto Giacometti, Natalia Gontcharova, Germaine Richier… Une quarantaine d’artistes du XXe siècle sont conviés dans l’atelier d’Ossip Zadkine. Leurs œuvres dialoguent avec celles du sculpteur d’origine russe. On s’aperçoit soudain du rôle de premier plan que Zadkine accordait aux arbres. Sans doute, le renvoyaient-ils aux paysages de son enfance... La forêt était pour lui une inépuisable source d’inspiration, comme pour nombre d’artistes de son temps. La démarche reste d’actualité. En témoigne notamment la touffue "Forêt noire", signée de la jeune et talentueuse Eva Jospin (née en 1975), présentée ici. L’exposition procure une véritable bouffée d’oxygène… Elle est aussi l’occasion de découvrir la maison et l’atelier, devenus musée, où Ossip Zadkine a vécu et travaillé de 1928 à 1967. Les relie un minuscule jardin peuplé de sculptures et empreint de poésie.

Le Rêveur de la forêt. Musée Zadkine, 100 bis rue d’Assas, VIe. Site: zadkine.paris.fr. Du mardi au dimanche, de 10h à 18h. Tarif : 7 €.

5. Aux sources de l’art informel

Jusqu’au 1er mars : Après quatorze mois de travaux, le musée d’Art moderne ouvre à nouveau ses portes. Au passage, il a retrouvé ses volumes de 1937 et davantage de lumière. Ses riches collections se déploient selon un parcours inédit. Une visite s’impose ! Pour célébrer cette renaissance, le musée consacre une vaste rétrospective au peintre d’origine allemande Hans Hartung (1904-1989). Y sont réunies plus de trois cents œuvres. Elles proviennent à la fois de musées et de collections particulières. La fondation Hartung-Bergman, établie à Antibes dans la maison où le peintre et sa femme ont vécu à partir de 1973, a prêté de nombreux documents photographiques. Ils permettent de suivre l’évolution du maître de l’abstraction lyrique tout au long d’une carrière débutée dans les années 1920. Ils témoignent également du renouvellement constant de son art. Jusqu’à la fin de sa vie, Hans Hartung n’a cessé d’inventer de nouvelles pratiques. Des éléments de sa biographie, distillés au fil de l’exposition, retiennent l’attention. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Hans Hartung s’engage dans la Légion étrangère. En 1944, grièvement blessé, il est amputé d’une jambe. À la fin du conflit, décoré de la Médaille militaire, de la Croix de guerre, de la Légion d’honneur, il reçoit la nationalité française. L’artiste a passé l’essentiel de sa vie en France. Il meurt seulement quelques semaines après la Chute du Mur, quand Leipzig, sa ville natale, recouvre la liberté…

Hans Hartung. La fabrique du geste. Musée d’art moderne, 11 avenue du Président Wilson, XVIe. Tél : + 33 (0) 1 53 67 40 00. Site : mam.paris.fr. Du mardi au dimanche, de 10h à 18h, le jeudi jusqu’à 22h. Tarif : 12 €.

 

6. Jeu de formes

Jusqu’au 22 mars : Barbara Hepworth (1903-1975) a connu la notoriété de son vivant. Dès 1936, le MoMa à New York achète en effet l’une de ses sculptures : Discs in Echelon. En 1965, la reine Élisabeth élève l’artiste à la dignité de Dame Commandeur de l’Empire britannique. Entretemps, ses œuvres ont été présentées à la Biennale de Venise et même exposées à Paris, au musée Rodin. La postérité se montre parfois ingrate… Si nous connaissons tous son contemporain, Henri Moore, dont elle fait la connaissance au Royal College of Art, la plupart d’entre nous ont oublié jusqu’au nom de Barbara Hepworth… Le musée Rodin entreprend de lui rendre hommage (et justice), 60 ans après l’exposition collective à laquelle elle avait participé. L’occasion voir ou de revoir une œuvre qui privilégie le langage des volumes et oppose volontiers les formes convexes et concaves. L’atelier de l’artiste est en partie reconstitué et ses méthodes de travail dévoilées. Magique…

Barbara Hepworth. Musée Rodin, 77 rue de Varenne, VIIe. Tél : + 33 (0) 1 44 18 61 10. Site: musee-rodin.fr. Dumardi au dimanche, de 10h à 18h30. Tarif : 12 €.
 
 

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