La Grande Guerre

Aucune date spécifiée

Inscrite comme une menace dans la situation géographique de la Belgique, la violation de sa neutralité – que les Français ont, en 1912, renoncé à perpétrer « en premier » – préoccupe grandement le roi Albert, très soucieux de développer les capacités défensives du pays. Quand le ministre de la Guerre a soumis en 1910 à sa signature un projet prévoyant de confier à un officier général la charge de com- mandant en chef de l’Armée, conférée au roi par la Constitution, il refuse de signer. Albert Ier réagit en créant un état-major de l’Armée dépendant étroitement de son autorité et chargé d’étudier dès le temps de paix toutes les questions relatives à la mobilisation et aux plans d’opérations. Il choisit également comme premier chef d’état-major son aide de camp, le général Jungbluth. Il s’agit alors de se mettre à l’abri de toute surprise mais les événements viennent rapidement confirmer les inquiétudes du souverain. La situation internationale est en effet marquée par des crises répétées – celle d’Agadir en 1911, celles des Balkans en 1912 et 1913 – et l’empereur allemand Guillaume II donne à ses discours un ton belliciste inquié- tant. En 1912, le roi Carol de Roumanie avertit sa sœur – Marie de Hohenzollern-Sigmaringen, comtesse de Flandre et mère du roi Albert Ier – d’intentions allemandes susceptibles de faire peser sur la Belgique de lourdes menaces. Le roi Albert lui-même est convaincu que le miracle qui a préservé la Belgique de la guerre en 1870-1871 ne se reproduira pas. Il précise dans une note sa vision des choses : « Que faut-il entendre par la défense de notre neutralité ? Nous sommes placés entre trois belli- gérants éventuels, garants de notre neutralité. Nous sommes réso- lus : premièrement à déclarer immédiatement la guerre à celui qui, de propos délibéré, violerait la moindre parcelle de notre territoire ; deuxièmement, à conduire cette guerre avec la dernière énergie en y consacrant la totalité de nos moyens militaires, mis en action là où nous le jugerons le plus efficace, fût-ce même hors de nos fron- tières ; troisièmement, à continuer l’action guerrière après que le violateur aura évacué notre territoire et à la poursuivre jusqu’à la conclusion de la paix générale. » 

 

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