Rosy et sa famille à Nairobi, Kenya

Jeudi 7 février 2019

Quand son mari lui propose de quitter le lagon calédonien pour tenter l’aventure au pays des girafes et des lions, la jeune avocate s’enflamme. Après Bangkok et Nouméa, la famille s’installe à Nairobi en plein mois de mars, saison des pluies.

Embouteillages, une cohue, myriade de petits bus mul- ticolores et surchargés, les « matatus ». « Compounds » – quartiers résidentiels haut de gamme – gardés par des agents de sécurité, armés jusqu’aux dents, qui font les cent pas devant d’immenses portails ceints de barbelés.

À deux pas, des « slums » ou bidonvilles désarticulés, habités par une population innombrable. Et des milliers de Kenyans qui marchent à pied le long de routes défoncées et parfois boueuses. Le contraste est saisissant pour la Française peu habituée à ce décor.

Est-ce bien ici le New York africain ? « À Nairobi, j’ai appris certaines règles de sécurité. » Si Rosy vit en toute quiétude, elle sait qu’il ne faut pas conduire la nuit, que certains slums sont à éviter et classés « no go zones », que le « panic button » de sa chambre peut lui être salutaire. Habitant au cœur d’un compound de taille humaine, elle emploie un chauffeur et une cuisinière qui viennent du bidonville de Kawaguare, jouxtant son domi- cile.

L’un de ses plus beaux souvenirs en arrivant ? Accepter l’invitation à dîner de son conducteur. « Il habite une mai- son grande comme notre salle de bain où les murs sont de simples draps pendus. Une seule fenêtre et pas d’arrivée ni d’évacuation d’eau. » Mais quelle fierté de lui faire plaisir et de partager un « ugali » plat traditionnel géant à base de semoule et de légumes. Un délice ! La population du pays croît trop vite pas rapport à ce que la ville peut offrir. Les quartiers sont construits de façon anarchique et rien n’est anticipé pour faire venir des routes ou des camions pou- belles au cœur des slums. Devant cette natalité galopante et ce manque de moyens, Rosy décide d’agir à son niveau en devenant bénévole pour Kangemi Resource Centre. Créée par une Belge, Alix d’Asemburg, cette association vient en aide à la population par l’éducation : bibliothèque, livres, ordinateurs, formations des éducateurs et des professeurs. L’engagement de Rosy porte sur la bibliothèque : elle coache les deux personnes qui y travaillent et réunit des fonds pour renouveler le stock de livres.

Les Kenyans sont attachants mais restent sur leur réserve. Avec leur flegme quelque peu britannique, ils sont très fiers de leur pays. Courageux et travailleurs, ils sont heureux de voir leur pays décoller économiquement.

Nairobi, en pratique 

S’y rendre :
• Air France propose des vols directs AR au départ de Paris, à partir de 600 € pour 8h10 de vol. Compter 3 heures de plus de voyage au départ de Bruxelles.
La période la plus favorable pour partir à Nairobi est de mi-novembre jusqu’à février.

Chiffres et administration

Population de Nairobi : plus de 3,5 millions d’habitants. La capitale est la plus grande ville du pays.
Altitude Nairobi : 1 661 m.
Population globale : 42 millions d’habitants. • Système politique : république.
Président de la République : Uhuru Kenyatta. • Monnaie : shilling kenyan.
Langues officielles : swahili et anglais. • Religions : 82,5 % de chrétiens, 11 % de musulmans.

Texte : Geneviève du Parc Locmaria - L'article complet est disponible dans le JV 71 (Février-Mars 2019)

Les Victors de JV 2019

Newsletter

JV en kiosque - Abonnement

Eté 2019 - en vente le 14 juin

73small
  • La Belgique et son Histoire africaine
  • Georges Simenon, une énigme belge
  • Week-end à Bordeaux
  • Supplément Immobilier

L'agenda

Do you speak belge?

Quelques expressions belges et leur explication :

  • « m2 pas Carrez »

    Attention : il n’y a pas de loi Carrez en Belgique, c’est donc toujours moins ! Il arrive même que l’épaisseur des murs soit comprise dans la surface !

  • « Vleck »

    Si t'es vleck, t'es pas net !

  • « Kroupouk »

    Un nom qui krou...stille !