Anne Deschamps

Paru dans JV n°38 | Texte : Aurélie Koch, Photos : Denis Erroyaux

Anne Deschamps a fait très tôt entrer la philosophie dans son quotidien. À 10 ans, après une enfance rêvée en Guyane française, son père déménage toute sa famille dans les Ardennes françaises.

Le choc est rude, la jeune Anne le subit de plein fouet... et transforme ces changements de repères en opportunité lorsqu’elle découvre la philosophie, via des livres et quelques rencontres familiales décisives. Dès lors, cet univers ne l’abandonnera plus, et prendra des formes successives.

Du lycée au café Diogène...

Tout d’abord professeur de philosophie dans un lycée, elle constate que les thèmes qu’elle propose aux élèves tentent leurs parents... qui lui rendent parfois quelques copies supplémentaires ! L’administration scolaire met cependant un frein à la venue de ces élèves tardifs dans les locaux des classes, et Anne leur donne rendez-vous dans un café pour discuter de leurs dissertations.

Mettant ensuite le cap sur Paris où elle collabore à différents médias, elle fait la rencontre de Marc Sautet, créateur dans la capitale des « cafés philos » : un concept qui ne lui est bien entendu pas étranger ! Elle se lance avec lui dans cette aventure, et crée de son côté, à Redu, dans les Ardennes belges qu’elle n’a jamais totalement quittées, un café du même modèle, qu’elle appelle « Diogène ».

Certains soirs, plus de cent personnes viennent échanger leurs réflexions et leurs points de vue sur des sujets improvisés, et orchestrés par elle. Ces réunions donnent lieu à des rencontres inattendues, où parcours de vies, ambitions et statuts sociaux se mêlent, s’entrechoquent et se questionnent ensemble devant des thèmes universels. Anne Deschamps en tire une richesse particulière, la seule qui vaille la peine à ses yeux.

… à l'accompagnement philo pour tous

Cela dure trois ans, avant qu’elle ne continue sur d’autres chemins, qui la mènent vers des jeunes en souffrance, et plus tard vers des consultations privées, des conseils pour des professionnels et des entreprises, ou aussi des accompagnements de personnes en fin de vie. Indépendante avant tout, elle aime se laisser guider par son instinct, par les rencontres, par la liberté que procurent des choix dont elle est le seul arbitre.

Ses interventions privées (conseils par téléphone, organisation de dîners philo, consultations à la carte) lui permettent d’accompagner gratuitement des personnes qui en ont besoin sans avoir les moyens. Un ami philosophe qu’elle admire a dit qu’elle était « une respiration dans un monde de suffocants ». Elle aime cette définition d’elle-même... et du monde, aussi.

Anne Deschamps

 

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