Jean-Louis Dubrule

Paru dans JV 45 | Photos : Laetizia Bazzoni

En quittant son Nord natal pour Paris où il fera l’EBS, Jean-Louis Dubrule s’était juré qu’il ne serait jamais commercial et qu’il ne travaillerait pas chez Accor. Lorsqu’il se résigne néanmoins, diplôme en poche, à frapper à la porte de son oncle qui co-dirige le groupe d’hôtellerie, c’est avec l’ambition avouée de rentrer au marketing chez Sofitel. Résultat : Paul Dubrule lui propose de vendre des tickets-restaurants. La mauvaise pioche s’avérera formatrice et il passera vingt ans dans le groupe. Il y dirigera les ventes Asie puis les partenariats et les comptes stratégiques et, après avoir occupé les fonctions de secrétaire général du comité stratégique, dirigera Accor Thalassa jusqu’à ce qu’il quitte l’entreprise. Il passera ensuite quelques temps comme directeur commercial et marketing de Belambra (ex.VVF), entreprise de tourisme social qu’il quittera en désaccord avec les nouveaux actionnaires.

Après le développement de quelques projets personnels éclectiques allant d’un village de lodges au lancement d’un chewing-gum énergisant qu’il revendra à des Tchèques, Jean-Louis Dubrule décide de quitter le climat délétère de la France et le pessimisme pour un pays voisin de son pays natal qu’il connaît bien : la Belgique. « Les Belges sont très positifs, on sent chez eux la volonté d’entreprendre, on ressent tout de suite le sentiment qu’ici tout est possible » explique Jean-Louis Dubrule. Et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, il emménage à Uccle fin aôut 2013, après avoir convaincu sa femme d’abandonner la gestion quotidienne de son hôtel parisien, et un peu moins ses filles –et spécialement l’âinée- de quitter le nid douillet de Marne-la-Coquette et ses copines de classes. Quelques semaines après son emménagement, la maison qu’il loue se révèle à vendre, et l’accueil chaleureux de ses voisins le conforte dans l’idée qu’il faut l’acheter. Ce sera ensuite la quête d’une nouvelle aventure. Au cours d’une soirée chez des amis, il rencontre Luc de Tillesse, le fondateur de l’agence de communication The Crew. Heureuse coïncidence : l’autre associé historique de l‘agence vient de partir pour une nouvelle aventure. Les négociations dureront plus de trois mois. En avril 2014, l’accord est conclu, Jean-Louis Dubrule et Luc de Tillesse sont associés à 50-50 et les ambitions des deux nouveaux partenaires sont non seulement de profiter de l’arrivée du Français pour développer la clientèle belge déjà prestigieuse, mais aussi d’aller prospecter des clients français. A peine quelques mois après la signature des accords, The Crew ouvre un bureau à Lille et remporte le budget de communication de l’Eurométropole, un groupement qui fédère les régions de Lille, Courtrai et Tournai. De quoi réjouir le nouveau partenaire. Pas tant toutefois que la déclaration solennelle de l’ainée des filles, la plus rétive, enfermée dans un mutisme préoccupant depuis le passage de la frontière : « finalement c’est un grand bonheur d’être en Belgique ». C’était l’unique et dernier point noir.

The Crew, 47 Cantersteen, 1000 Bruxelles, tél: 02 504 00 00, site: thecrewcommunication.com.

 

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Quelques expressions belges et leur explication :

  • « Heures de fourche »

    Equivaut au lycée, aux « heures de perm’ », qu’on passe à l’étude... ou au café.

  • « À la toilette »

    Ou au binoche, si vous préférez !

  • « Asexué »

    Tout comme l’escargot, les représentants du Plat pays se doivent d’être asexués ... linguistiquement s'entend !