Christophe Clerjaud

Paru dans JV48 - Avril-Mai 2015 | Photos : Laetitia Bazzoni

Venu en Belgique par amour, il a eu l’idée simple et excellente de créer un réseau de réservation de resto en dernière minute : restolastminute.be. Son site cartonne et séduit les clients autant que les restaurateurs.

Christophe Clerjaud est de la race des entrepreneurs. Et pourtant chez lui ça n’a rien de génétique. Sa mère travaillait à la Sabena à Paris – ce qui lui a permis de voyager dès son plus jeune âge –  et son père était ingénieur au bureau Veritas. Quant à lui, il se rêvait en Jacques Kerouac, il ose l’avouer sans complexe, et après avoir écrit un livre qui n’a pas été publié, écrit pour le théâtre et pigé à droite et à gauche, et en gros, « avoir crevé la faim », il est passé à la pub, moins gratifiante mais plus lucrative.

Dans le même temps, il rencontre une jeune femme, Belge, auditeur chez Deloitte à Paris. Lorsqu’elle décide de retourner au pays, il la suit. Les galères recommencent. Ils n’en achètent pas moins un appartement à Flagey, et font un enfant, Henri, qu’il ambitionne déjà de voir porter le dossard n°10 dans l’équipe de France de Rugby. Et puis un jour le destin frappe à sa porte. Alors qu’il fait la queue (pardon, la file) à Paris devant le Kiosque pour y acheter au meilleur prix des places de théâtre pour le soir même, lui vient l’idée de transposer le principe dans l’Horeca, comme on dit en Belgique. Le concept limpide de « restolastminute » est né. C’est sa simplicité qui en fait l’efficacité, et la période qui en facilite le déploiement rapide. Les restaurateurs en quête de clients ont la capacité, en temps réel, d’offrir au public sur le site de « restolastminute.be » quelques couverts à prix attractifs avec une remise variant entre 20 et 50 %, les trois-quarts des restaurants offrant une remise de 30 %. La mise à jour est instantanée. Lorsqu’il n’y a plus de place, le restaurant disparaît de la liste des promotions. Côté consommateur, l’avantage est évident : une envie de resto pour le soir même, il n’y a que l’embarras du choix entre les 400 restaurants actuellement partenaires du site, et la géolocalisation vient compléter l’attrait du système et permet d’aller aussi au plus près. Lancé en mai 2014 avec 90 établissements, restolastminute.be (ou .com pour une meilleure visibilité) vise les 1.000 restaurants à l’horizon de six mois, et lève déjà des fonds pour implanter le concept en France et aux États-Unis. Mais aussi pour passer à l’étape suivante : prélever sur le paiement par smartphone 0,50 % du montant de l’addition, là où les cartes de crédit prennent 1,50 %. Et ainsi s’asseoir sur un modèle économique où le restaurant et le client ne payent rien, il faudra bien un jour que Christophe Clerjaud gagne de l’argent. Mais ce néo-entrepreneur, adepte de la « disruption » chère au publicitaire Jean-Marie Dru, a déjà adopté sa devise : « Il est trop risqué de ne pas prendre de risque ».

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