Jean-Philippe Arnould

Paru dans JV18, avril-mai 2010 | Texte : Aurélie Koch, Photos : Serge Anton

 

 


À l’heure de l’internet , des medias électroniques et de l’audiovisuel roi, Jean-Philippe Arnould a décidé de consacrer sa vie au papier.

 

En fait sa nouvelle vie, car bien qu’il soit jeune Jean-Philippe Arnould a déjà multiplié les expériences enrichissantes. D’abord formé à la gestion à Paris, Berkeley et Tokyo, il bifurque vers sa vraie nature et ses réelles passions en faisant Camondo. Il trouve son premier métier comme chargé de mission au Grand Louvre. Ces trois ans seront son « école du regard ». Il « arpentera » ensuite l’art contemporain au Musée du Jeu de Paume. Il s’y « décapera le regard » et découvrira les bornes et les limites de ces modes d’expression à la mode. Une fructueuse rencontre avec Balthus qui lui donnera le « sens des arts populaires », la préparation, finalement infructueuse, d’une course d’éléphants au Rajasthan et un approfondissement de son goût pour l’Orient meubleront deux années de sa vie avant qu’il ne parte quatre ans pour Stockholm comme attaché culturel. Il y découvrira tout à la fois, le baroque italien, la littérature suédoise, le design et un minimalisme qui le renverra à son expérience japonaise. C’est aussi là que naîtra son amour de la feuille blanche.

Cet amour s’exprime aujourd’hui dans une petite maison bruxelloise de la fin du XVIIe, Papers, située au 19 rue de Flandre, où il cultive le goût du beau papier.

On y trouve des feuilles vierges fabriquées dans les rares manufactures encore actives en Europe, des dessins anciens et contemporains parmi lesquels un original de Sempé côtoie des portraits calligraphiques de 1774, et des livres rares « avec un goût particulier pour les reliures de vélin et les pages bien imprimées ». Papers est, en effet, aussi une librairie, au fond limité, éclectique et inattendu où un Ovide d’Alde de 1515 trône aux côtés d’une nouvelle de Per Gustavson, publiée par Jean-Philippe Arnould et qu’il convient de plier et de coudre soi-même. Car Papers est aussi manufacturier et produit pièce par pièce des papiers dominotés que Jean-Philippe Arnould dessine et imprime lui-même. Ce temple s’anime aussi de quelques expositions dont la première fut consacrée à Pierre Le Tan et qui s’ouvre maintenant aux dessins de mode d’Edward Gorey, de Georges Lepage, de Gruau ou d’Aurore de La Morinerie.


Il a choisi Bruxelles, délibérément, car c'était le « seul lieu où il y avait de la place pour cette initiative ».

Jean-Philippe Arnould a été sélectionné pour les Victors 2013.


PAPERS

19, rue de Flandre
1000 Bruxelles

Tel. 048 88 62 622

Ouverture du mardi au samedi de 11h à 13h et de 14h à 19h et sur rendez-vous.

 

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