La BD, une aventure franco-belge

Paru dans JV11, Février-mars 2009 | Texte : Cécile Bouchat

Si cette forme de récit était autrefois réservée aux amateurs éclairés, il semble que la bande dessinée recueille un intérêt nouveau. Portrait d’une passion confidentielle devenue superstar.

 

Aux origines de la BD : le XIXè siècle


Sans remonter jusqu’à la tapisserie de Bayeux ou aux rouleaux de contes japonais du Xe siècle, on peut dire que la bande dessinée apparaît en Europe en 1827, sous la plume du Suisse Rodolphe Töpffer, qui raconte pour la première fois des histoires sous forme d’estampes mêlant textes et illustrations.

En France, le dessinateur Christophe crée en 1890 les aventures de la famille Fenouillard, dans laquelle il associe illustrations et textes descriptifs en vignettes.

Mais la bande dessinée se développe réellement aux États-Unis où les lecteurs découvrent en 1894 sous forme de strips journaliers, les aventures du Yellow Kid, premier personnage récurrent d’une série. C’est dans cette dernière qu’apparaissent des dialogues inscrits dans des « bulles ». Notons également que le terme « bande dessinée » vient de l’anglais comic strip. En effet, les Américains travaillent plutôt sous forme de bandes tandis que les Français préfèrent la planche. Par ailleurs, outre-Atlantique, ces strips étaient publiés dans les quotidiens et donc destinés plutôt aux adultes et, ici, ce type de narration est, ici, réservé à un jeune public.

 

Les mutations du début du XXè siècle : de Zig et Puce à Tintin

 

L’utilisation exclusive du phylactère n’est manifeste qu’à partir de 1925, avec Zig et Puce, deux personnages créés par Alain de Saint-Ogan.

Cinq ans plus tard, la BD américaine débarque en Europe et remporte un succès immédiat. Moins mièvre, elle subit toutefois auprès des quotidiens conservateurs la censure du texte, et parfois de l’image.

Parallèlement, en 1929, naît le personnage de Tintin, dessiné par Georges Remi sous un pseudonyme fait de ses deux initiales, Hergé. Celui-ci s’était vu confier l’animation du Petit XXe, un supplément destiné à la jeunesse inséré dans le quotidien belge Le XXe Siècle, un journal catholique de doctrine et d’information. Dans les premiers Tintin, le contenu ne diffère pas encore des autres productions du genre et reste une succession de scènes interchangeables. Il faudra attendre Les Cigares du pharaon et surtout Le Lotus bleu pour constater deux changements profonds : le soin apporté au scénario (de fait plus élaboré et mieux construit), et la documentation tant iconographique que sociopolitique. Le récit s’implante désormais dans la « vraie vie ».

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Quelques expressions belges et leur explication :

  • « Rony »

    Rony ... soit qui mal se comporte.

  • « Durum »

    Il semblerait que le Turc belge ne s’exprime pas comme le Turc français : l’appellation Kebab qui orne le fronton du snack turc de France est ici remplacé par Durum

  • « Occupé à »

    Lorsque le Français s’active, on dit qu’il est «en train de» faire quelque chose. Le Belge, lui, est «occupé à» faire quelque chose.