Concours Reine Elisabeth 2014

Lundi 3 mars 2014

Les résultats du concours Reine Elisabeth viennent d'être proclamés. La Coréenne Hwang Sumi arrive en première place, devant la Belge Jodie Devos et la mezzo-soprane Sarah Laulan. Retour sur ces très belles soirées de finale.

Il s'agit de l'un des grands moments forts de la vie culturelle bruxelloise. Nous avons pu assister à la finale du concours de chant, au programme cette année. 

De mercredi à samedi, 12 jeunes finalistes se sont produit, accompagnés de l'Orchestre de la Monnaie, présentant chacun un répertoire de 5 ou 6 morceaux qu'ils ont eux-mêmes choisi. Celui-ci va de l'oratorio à des pièces plus contemporaines, mais passe toujours par le chant lyrique. 

Mercredi soir, c'est la soprano belge Jodie Devos qui a créé l'événement... Souriante, à l'aise, elle a ébloui le public de Bozar par son interprétation en début de finale. De quoi laisser ses 2 concurrents de la soirée un poil dans l'ombre, même si l'on est toujours impressionnés par le haut niveau des finalistes de ce concours. Par ses choix de morceaux, elle a démontré au jury la palette de ses compétences lyriques (si on peut les appeler ainsi...) et surtout le plaisir infini qu'elle ressentait à être sur scène, partageant avec une générosité sans bornes son enthousiasme. La soprano Hongroise Emoke Barath lui a succédé, proposant un répertoire plus sobre mais interprété avec autant de brio. Le basse Levente Pall a clot la soirée, et si son interprétation de Gremyn de l'opéra Eugène Onegine nous a séduit, il a déçu sur son final en Mefisto. 

Jeudi soir, soirée 100 % féminine, puisque se produisaient une mezzo-soprane française, Sarah Laulan, une soprane coréenne et un soprane allemande. A en croire l'applaudimètre, c'est la corénne Hyesang Park qui a séduit le plus le public. Il est vrai que de notre côté, les premières notes chantées nous avons chuchoté "c'est elle, la gagnante, je te le dis"... une voix puissante, une solidité et une technique rarement rencontrées auparavant. C'était sans compter sur la prestation de Daniela Gerstenmeyer, qui a clot la soirée en nous laissant sur une très forte impression, même si son répertoire quasi religieux nous a laissé un peu sur notre faim. 

Vendredi : Julie, Française habitant Bruxelles depuis 11 ans témoigne : "la première candidate, Chiara, soprano Suisse née en Belgique entre gracieusement sur scène. Applaudissements. Elle est gracieuse, très jolie, mais on la sent infiniment tendue.Son répertoire et très varié, sa voix cristaline, pleine de légèreté qui atteind son apogée sur un air de Puccini et qui nous transporte. La magie est là et bien là. Vient ensuite un Coréen, Yo à la voix puissante d'un baryton. Je suis moins sensible aux voix masculines, mais son interprétation finale des "Noces de Figaro" réveille la salle, tout à coup un peu calme. Lui succède la belle et souriante Coréenne Sumi, étincelante. Elle éblouit par sa prestance. Elle est très vivante, très expressive, rayonnante. Elle incarne les rôles, tour à tour, et subjugue la salle dès les premières notes. Tout le monde est sous le charme et l'émotion, surtout lorsqu'elle interprète un air de Turandot (mon opéra préféré), et qu'elle n'arrive à dissimuler son émotion. Les musiciens la dévisagent, le chef d'orchestre lui laisse le temps de reprendre ses esprits. Quel bonheur de terminer cette soirée inoubliable avec la touchante Sumi.C'était trop court."

Samedi soir, dernier soir des finales, la programmation était une fois encore de très grande qualité. La salle, très remplie, s'est à nouveau levée d'un seul homme au moment de l'entrée de la Reine Mathilde dans sa loge, rappelant par là le caractère prestigieux de ce concours et (une fois n'est pas coutume) manifestant une fierté belge assez rare pour être mentionnée.

Le premier des trois finalistes est le ténor coréen Kim Seung Jick, bientôt 24 ans, très reconnu dans son pays, se produisant souvent et ayant reçu là-bas de nombreux prix. Sa prestation, après un ajustement nécessaire entre sa voix et l'orchestre sur un lieder de Richard Strauss, a trouvé sa "vitesse de croisière" au deuxième morceau, tiré de La Bohème de Puccini. Le merveilleux chant, opus 4 tiré de "Six songs" de Rachmaninov fut son moment de grâce, suivi d'un Faust de Gounod où là encore l'orchestre prit un peu le dessus sur sa voix, puis du Ingemisco du Requiem de Verdi.

La puissance de sa voix et sa maîtrise furent cependant vite éclipsées par l'arrivée de Sheva Tehoval, finaliste belge très attendue par son public. A tout juste 23 ans, elle est la plus jeune des finalistes, a étudié aux Choeurs d'enfants de la Monnaie, puis à Cologne et Boisfort. Ravissante, avec beaucoup de présence et un jeu de scène maîtrisé, elle a ravi le public entier dès son premier morceau, tiré du Don Pasquale de Donizzetti. Hélas, l'enthousiasme est retombé dès le deuxième morceau, avec une Cleopatra (tirée du Giulio Cesare) de Haendel plutôt pâle. La Juliette de Gounod lui a redonné un peu de couleurs, suivie d'une Rusalka de Dvorak particulièrement réussie malgré la difficulté de l'œuvre. Mais l'envolée s'est faite sur la Rosine du Barbier de Séville de Rossini, le répertoire italien étant clairement celui dans lequel elle s'épanouit le plus, jouant de ses mimiques scéniques, de sa féminité et de sa voix de soprano idéale pour ces livrets.

Il n'était donc pas évident, après ce passage "belge" achevé en beauté, d'accueillir le ténor chinois Shao Yu, 28 ans, formé au Conservatoire de Shangai, puis d'Aubervilliers, et actuellement à la Chapelle musicale Reine Elisabeth. Son énergie et son charisme ont cependant rapidement capté l'attention de l'auditoire. C'est avec Haydn qu'il entame son récital, suivi d'une œuvre moins connue, Die Lustigen Weiber von Windsor d'Otto Nicolai. Précis, avec un phrasé très clair et une forte présence, ce ténor a créé la surprise auprès du public venu pour cette seule finale. Les autres l'avaient déjà repéré dès les sélections. Son troisième morceau, en français bien sûr, est choisi dans le répertoire de Lalo, avant d'entamer un air de Tamino du Die Zauberflôte de Mozart. Mais c'est dans le dernier morceau, "Kuda, Kuda", du Lenski d'Evgeny Onegin de Tchaikovsky, que le public a pris la mesure de l'énergie de cet artiste, avec l'élan vital incomparable de cette œuvre servie par une interprétation joyeuse, claire et juste.

Voir ou revoir les prestations des finalistes sur le site du Concours Reine Elisabeth. 

 

 

 

 

 

Au Palais des Beaux-Arts 


Sur place au bureau de location : 18, rue Ravenstein – 1000 Bruxelles


Par téléphone : + 32 507 82 00 
(du mardi au vendredi de 11h à 19h et le samedi de 13h à 19h)

Sur Internet : www.bozar.be

 

 

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