Ptyx

Paru dans JV 38 | Texte : Alain Lefebvre

 

 

macaronvitcorwebPTYX a été sélectionnée pour les Victors 2015.

 

 

 

 

 

 

A Ixelles, le libraire Emmanuel Requette a décidé de proposer un « vrai » choix de bons livres.

Ne dites pas à Emmanuel Requette que sa librairie est une librairie comme les autres, et qu’il exerce le même métier que ses prétendus confrères de la ville. Ce garçon de 39 ans qui a une haute opinion de son opinion et qui la partage, n’a rien laissé au hasard pour qu’on ne le confonde pas avec les marchands de livres qui sévissent sur la place. D’abord le nom, PTYX - ce mot dont la signification est de ne pas en avoir, et néanmoins utilisé par Hugo et par Jarry, mais dont Emmanuel Requette préfère la non signification que lui donne Mallarmé dans le Sonnet en yx - interpelle le chaland qui descend la rue Lesbroussart vers Flagey. La vitrine s’insère dans un jeu typographique qui épouse toute la maison et lui sert de décor.

Ouverte depuis 2012, la librairie PTYX est la réalisation d’un vieux rêve d’Emmanuel Requette. Pour y parvenir, il décide il y a maintenant trois ans de revendre ses affaires. Il acquiert alors cette maison, l’aménage aux étages pour les besoins de sa famille, une femme et trois enfants, transforme la boutique en librairie avec bibliothèques et tables adéquates et achète le stock. Ce dernier investissement indique clairement l’intention du propriétaire et la philosophie de la librairie : constituer un fonds stable et donner du temps aux livres les plus difficiles.

Comme l’affirme Emmanuel Requette dans sa présentation de PTYX: « La librairie PTYX est une librairie résolument de fond. Elle dépoussière ce qui le mérite, connu ou méconnu. Elle ne condamne pas le chef-d’œuvre “illisible“ à son habituelle éternité sur tranche. De même, elle donne une voix à la création contemporaine en lui laissant (ô luxes) le temps et l’espace nécessaires à son expression. » Et si Emmanuel Requette aime la littérature, il aime surtout la lecture (il affirme lire trois cents livres par an) et son fonds est ainsi constitué pour 40 % de littérature, pour 20 % d’essais, et pour le reste de BD et de « jeunesse » car il se veut aussi sélectif pour la littérature enfantine. Et il est vrai que son rayon « enfants » est original et fort bien fourni.

Prescripteur

Cette sélectivité a un prix puisqu’Emmanuel Requette s’interdit naturellement de mettre en vente les romans de gare et les best-sellers à la Musso, Pancol ou Levy : « La librairie PTYX est une librairie férocement indépendante. Ce qu’on y trouve est le fruit d’un choix, non un simple assortiment. » Emmanuel Requette ne regarde pas la télévision, même les rares émissions littéraires - il n’a d’ailleurs pas la télé - et s’interdit de lire les critiques, mais en écrit lui-même pour le site de la librairie et choisit de ne mettre en avant sur ses tables que des livres qu’il a lus et aimés. La façon dont il exprime ses préférences, dans un style proustien - au moins pour ce qui concerne la longueur de la phrase - entend faire aimer ce qu’il a lui-même aimé. Prescripteur pour ses clients, il est aussi à l’écoute de leurs suggestions et de leurs conseils et admet découvrir des textes et des auteurs grâce aux lecteurs. Il organise aussi très régulièrement des rendez-vous informels avec des auteurs, où l’intelligence et la culture ont l’ambition de se donner rendez-vous rue Lesbroussart.

Librairie PTYX, 39 rue Lesbroussart, 1050 Bxl, tél : 02 648 03 10, site : librairie-ptyx.be. Ouvert du mardi au samedi de 10h à 18h30, vendredi 20h30. Et comme il le dit : « dimanche, lundi, on lit ! ».

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