Ambiance de surbooking ce mercredi au 404 de l’avenue Louise : appels téléphoniques incessants, bouquet minute, inscription de commande pour l’ouverture de la boutique de Dries Van Noten à
Paris – Boutemy y était la veille –, demande expresse pour la Foire des Antiquaires à Tour & Taxis – Boutemy y était un peu plus tôt dans la matinée… S’il n’y avait le décor absolument zen
voulu par le fleuriste, s’il n’y avait son flegme, le tumulte serait à son comble. « Sir Boutemy » prend tout son temps, répond par des phrases silencieuses… Si Thierry Boutemy n’est pas bavard, il ne pratique pas pour autant la langue de bois et n’y va par quatre chemins. « Ce qui est agaçant à Bruxelles, c’est qu’il n’y a aucun service, il manque des artisans, pas de bistrot, pas de bonne boulangerie, et les charcuteries ! » Ah, les charcuteries belges… « Ces trucs où tu entres et tu vois toutes ces salades, pouletcurry, crabe-mayo, je déteste. » N’attendez pas que le fleuriste en vogue vous confie le moindre scoop sur sa vie bruxelloise : « J’ai envie de vivre pour ma vie, pas pour la ville. »
Pourtant il y vit – « par hasard » – depuis plus de douze ans, il y travaille, il y reste, et vient d’y faire un enfant… Vous avez peut-être une chance de le croiser au Café Belga le dimanche, à un concert pop-rock au Botanique ou à l’A.B., ou chez Oomi, un bon japonais de la chaussée de Vleurgat. Star peutêtre, depuis que Sofia Coppola lui a demandé de mettre en scène l’art floral XVIIIe de son film Marie Antoinette, il a gardé la simplicité et l’exigence d’un professionnel qui va faire son marché de fleurs quotidiennement. La griffe de Thierry Boutemy, c’est le sur-mesure au rythme des saisons et, à l’image des grands restaurateurs, le respect absolu du produit « fleur ». Aujourd’hui
encore, il avoue : « Je commence tout juste à savoir acheter. »