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Malgré son charme Art déco et sa verdure, le haut de Forest a très longtemps été éclipsé par Uccle, le voisin chic et cher. Une nouvelle clientèle, plutôt jeune et branchée, redécouvre ce quartier qui ne manque pas d’allure.


Vivre dans un château d’eau ? Extravagant et… possible. Ce bâtiment industriel de 1904, l’un des premiers en béton renforcé, est à louer. Au choix : un triplex et un duplex, tous deux avec terrasse. Précision utile, un ascenseur extérieur a été dessiné et construit tout spécialement pour y accéder. Renseignement: 0475433110.L’Altitude 100, ce n’est pas l’Everest, juste le point culminant de Bruxelles. Depuis l‘avenue Jupiter, dans le haut de Forest, le regard balaie tout le sud de la ville. Dans la capitale du plat pays, il n’est pas habituel d’avoir une telle vue panoramique, hormis depuis la place du Palais de justice qui domine la vieille ville et le nord. La commune de Forest est partagée en deux par le parc Duden. Ce poumon vert à flanc de colline est une grande hêtraie de 32 hectares assez sauvages en pleine ville. Le parc faisait autrefois partie de la forêt de Soignes où Charles Quint venait chasser. Accolé au parc de Forest, d’une dizaine d’hectares (conçu au début du siècle pour offrir un lieu de délassement à la classe ouvrière d’alors), le parc Duden sépare la commune entre le haut de Forest, plus bourgeois avec son mélange d’architecture Art nouveau, Art déco et le bas, plus populaire et industriel, longtemps réputé peu sûr. L’ouverture annoncée d’un centre d’art contemporain dans les anciennes brasseries Wielemans, un site àl’abandon depuis une quinzaine d’années, donnerait un coup de projecteur très opportun sur la commune tout entière. Si Uccle et Saint Gilles ont largement profité de la flambée immobilière des cinq dernières années, Uccle drainant une clientèle classique alors que les bobos s’entichaient de Saint Gilles, le haut de Forest, limitrophe de ces deux communes, n’a pas vraiment suivi.

Une décote qui tient d’abord au nom... Selon les spécialistes de l’immobilier, le snobisme a depuis longtemps installé sa frontière avenue Albert. A ne franchir sous aucun prétexte ! Ainsi, l’avenue Molière venant d’Uccle traverse l’avenue Albert et se poursuit jusqu’à la chaussée d’Alsemberg, côté Forest. Ses hôtels particuliers aux jolies façades sont peut-être moins cossus que de « l’autre côté », moins néo-Louis XV, plus années 1930 ou 1940, voire 1950, mais de toute façon 20 % moins chers ! A la limite fatale Molière-Uccle, un hôtel particulier de 370m2 avec jardinet est annoncé à 650 000 € (GroupeTrevi) ; un autre vers le rond-point Churchill à 590 000 € pour 230 m2 et 180 m2 de jardin (Immobilière Le Lion).
Cependant, pour Philippe Schöller, les codes changent. « Il y a de moins en moins de “mauvais” quartiers. Les jeunes ont donné le ton ; ils vont partout, à la recherche de bons prix. »Philippe Schöller connaît bien le quartier. Il a acheté, il y a huit ans, en avance sur tout le monde... un château d’eau de 1904, rue Marconi. Ce bâtiment industriel domine arbres et jardins. Outre des bureaux au rez-de-chaussée, il y a créé un duplex et un triplex de 250 m2 hypersophistiqués tout en respectant l’esthétique brute del’édifice. La vue depuis les terrasses, de 100 m2 chacune, donne une idée précise de la géographie du quartier.

En bas du château d’eau, des lofts ont été investis depuis peu par de jeunes ou moins jeunes couples. Ils ont rejoint les habitants des pre mières promotions immobilières de cette rue, ceux de l’ex-usine Magneto dont la façade résolument géométrique est elle aussi classée. « Ce qui est sympathique dans ce quartier, poursuit Philippe Schöller, c’est le mélange : on trouve aussi bien un hôpital qu’une loge maçonnique, d’anciennes maisons ouvrières réhabilitées, des lofts et, au bout de la rue, des logements sociaux. Un public ultrabranché et une population plus classique. »

Un quartier hétérogène, avec ses places, si différentes : la place Constantin Meunier, très aérée et à la fois intime, avec ses immeubles de brique rose soulignée de blanc, à un jet de pierre de la place Brugmann et de la très animée rue Vanderkindere (un appartement de 140 m2, directement sur la place, est proposé à 315 000 € par Espace Conseil). Plus loin, tout au bout de l’avenue Molière et de la rue Saint Augustin bordée d’arbres, l’imposante place de l’Altitude 100 est occupée par l’église Saint Augustin, « le » monument de Forest, sorte de Sacré-Coeur bruxellois des années 1930 (oeuvre de Guyanote et Wateyne). Depuis les artères en étoile, bordées de maisons à l’anglaise, qui convergent vers la place, impossible de manquer cet impérieux édifice, un rien mussolinien. Partant de l’Altitude 100, la rue du Tournoi débouche sur l’avenue Jupiter qui longe le parc. C’est le quartier le plus résidentiel. Tous les appartements plongent sur la verdure. Un hôtel particulier Art déco de 300m2 était récemment proposé à 860 000 €. Les avenues qui traversent le parc sont bordées de grandes maisons à colombages des années 1920, façon mer du Nord (895 000 €, 500 m2 et même superficie de jardin, chez Eurorent). Mais c’est en retrait de ces deux voies, rue Gabriel Fauré et avenue Besme, que se cachent les plus grandes villas au milieu de jardins avec vue. Des biens en nombre très limité et prix en conséquence... En continuant à descendre l’avenue Massenet, on arriverait à la lisière du parc, dans le bas de Forest... Mais c’est une autre histoire. Nous y reviendrons dans un prochain numéro.
 

Groupe Trevi, tél 02 343 22 40.
Immobilière Le Lion, tél 02 672 71 11.
Espace Conseil, tél 02 725 55 88.
Eurorent, tél 02 646 41 11.