Solange Thierry de Saint Rapt

Aucune date spécifiée | Photos : ©Laetizia Bazzoni

Une passion sans ambiguïté

 

Le parcours de Solange Thierry est franco-belge : née à Paris, sa famille part ensuite en Suisse lorsqu’elle est enfant, puis s’installe en Belgique à la fin des années 50. Son cursus scolaire devient alors belge, à Bruxelles d’abord (dans l’école Singelijn) puis à Louvain, où elle suit des cours d’histoire de l’art, dans la section francophone de cette prestigieuse université qui n’a pas encore subi la scission de la fin des années 60. C’est cependant à Paris qu’elle commence à travailler, comme documentaliste à la revue L’Œil , créée en 1955 par le galériste/journaliste Georges Bernier. Lorsque ce dernier revend sa publication en 72, Solange Thierry en reprend la rédaction en chef. Pendant plus de 20 ans, elle tiendra donc les rênes de cette publication pointue, curieuse, éclectique : à son image. Elle aime aller au-devant des artistes, découvrir des talents, mettre en lumière des techniques inédites. Elle investit dans le magazine, puis le quitte au moment d’une autre revente en 1996-1997. Elle endosse alors le rôle de commissaire d’expositions pour le Musée de la vie romantique, petit bijou méconnu de la rue Chaptal à Paris. Son esprit curieux s’est ainsi nourri au fil de ses rôles professionnels des audaces de la scène artistique, avec une prédilection pour sa passion avouée : les bijoux. Mais pas n’importe lesquels : Solange ne vibre pas au scintillement d’un diamant ou au velours d’une parure d’or. Ce qui l’émeut dépasse la notion de valeur marchande : pour elle, la créativité et l’inédit sont ses seuls critères d’intérêt.  Sa passion pour les bijoux est née dans les années 80, au moment où les créations contemporaines suscitent une certaine effervescence dans le milieu artistique parisien. Elle découvre alors qu’on peut réaliser des bijoux avec d’autres matériaux. Ayant l’âme un peu fétichiste, elle entame sans y penser ce qui est devenu aujourd’hui l’une des plus belles collections de bijoux contemporains de ces 40 dernières années, au gré de ses coups de cœur, de ses découvertes en galeries, salles des ventes ou autres foires, et de ses rencontres. Mieux : ces merveilles qui défient la pesanteur, repoussent les limites d’une esthétique codifié par le côté pratique et la bienséance de la discrétion, ces œuvres d’art ambiguës et surréalistes… elle les porte ! Toutes, sans exception ! Solange Thierry a cette faculté d’arborer ces créations avec tout le panache et la réelle simplicité qui la définissent. L’air de rien. Et c’est en Belgique, où elle est revenue il y a 5 ans, que les curieux ou passionnés auront la chance de découvrir ces bijoux qu’elle définit avec une désarmante simplicité : « J’aime ces bijoux pour ce qu’ils sont : ils sont sans message, ils sont juste à porter. » Mais en disent long sur celle qui les a choisis !

Newsletter

L'agenda

JV en kiosque - Abonnement

Février - mars 2020 

COVER 77 mini
  • Enquête: études supérieures - France ou Belgique, comment choisir sa formation?
  • Talents belges: foire du livre, dix auteurs à suivre
  • Escapade à Mons, à Cadzand et dans le Kent