Musée Alice et David van Buuren

Paru dans JV14, sept-oct. 2009 | Texte : Viviane Eeman, Photos : Claude Weber

Souvent oublié des circuits touristiques classiques, caché dans la verdure, entre les avenues Leo Errera et Adolphe Dupuich, le musée van Buuren, petit bijou Art déco, sait réserver ses secrets à ceux qui le découvrent.

 

9000 visiteurs, dont une majorité de Français et de Hollandais, franchissent chaque année les portes de cette maison musée où, depuis plus de 80 ans, rien ou presque n’a changé.

 

Un étrange plan

 

Construite en 1928, cette grosse villa en briques rouge orangé de style hollandais s’articule très curieusement autour d’un hôtel de maître qui existait déjà.« La raison de ce plan étrange, rappelle Muriel De Groef, assistante d’Isabelle Anspach la conservatrice, est de bénéficier d’un apport de lumière maximal et d’être en relation directe avec le jardin en légère déclivité. »

La construction plutôt banale recèle un intérieur qui, lui, passionne. Trois salons, une salle à manger et un hall en composent l’essentiel avec le bureau et l’atelier à l’étage.

Dès l’entrée, l’harmonie qui se dégage des lieux subjugue. Et pour cause. En connaisseurs avisés, c’est à Paris, à l’Exposition des Arts décoratifs et industriels de Paris de 1925, que le banquier David van Buuren et sa femme Alice iront dénicher les talents qui vont contribuer à la déco de leur intérieur. « Ce qui est assez exceptionnel dans cette maison, rappelle Muriel De Groef, c’est le mélange de styles Art déco français, classiques et luxueux. Je pense essentiellement aux studios Dominique et à ses deux designers, Domin et Genevrière, qui ont réalisé la plupart du mobilier à l’exception de celui de la salle à manger dû à Joseph Wynants, un ébéniste de Malines. Une série de créateurs de ce que l’on a appelé l’école d’Amsterdam lui a également apporté une touche plus avant-gardiste comme Jaap Gidding qui a conçu les tapis et une grande partie des luminaires ou Jan Eisenloeffel, auteur de la superbe lampe en bronze et pâte de verre, du hall. À cela, il faut ajouter des commandes particulières comme les six natures mortes de Gustave van de Woestyne pour la salle à manger.»

Ce lieu enchanteur où le regard ne cesse d’accrocher l’une ou l’autre merveille, d’un vitrail aux tableaux de maîtres du XVe au XXe siècle, a séduit plusieurs personnalités comme Dior qui y organisa des défilés ou la reine Élisabeth de Belgique qui y écoutait les lauréats du concours – de violon à l’époque – qu’elle avait créé.

 

Les jardins

 

Mais l’endroit possède une autre richesse, son jardin qui, grâce aux acquits d’Alice s’est transformé en parc d’1,5 ha, très joliment nivellé et toujours différent.

La première partie, réalisée en 1929 par Jules Buyssens, partisan du “ nouveau pittoresque ”, comprend un jardin qui fait référence à l’art japonais. Appelé à être restauré, il est longé par une petite roseraie géométrique et par une plus grande en contrebas.

Dans les années 60, René Pechère crée à la demande d’Alice, deux jardins à thèmes. Il développe un mystérieux labyrinthe aux haies d’1,20 m, sur un terrain en pente, ce qui permet, en un seul coup d’oeil, d’embrasser ses courbes voluptueuses.
Le sculpteur André Willequet y place sept petites sculptures, hommages au Cantique des Cantiques.

Le deuxième jardin, celui du coeur, évoque le bonheur conjugal d’Alice et David.


Les expositions temporaires

 

Depuis 2004, le parc sert aussi de cadre à des expositions temporaires de jeunes artistes comme Catherine François ou de pointures comme Olivier Strebelle ou Ossip Zadkine qui ont précédé Pol Bury, présent ici pour quelques mois avec treize oeuvres parmi lequelles sept fontaines
et leurs jeux d’eau qui proviennent en majorité de la collection de la veuve de l’auteur.

On se demande souvent comment la maison et le parc ont pu être sauvegardés. Les van Buuren, qui n’avaient pas d’enfants, ont décidé que l’ensemble serait accessible au public. Alice concrétise ce rêve en 1973, créant une fondation privée.
Le musée ouvre trois ans plus tard. La fille aînée de leur ami Gustave van de Woestyne en sera la première conservatrice. Aujourd’hui, l’espace accueille des réceptions, des tournages de films publicitaires et, plus spécifique, des cours sur l’art du XXe siècle organisés par l’expert Henry Bounameaux. De quoi aider à conserver ce patrimoine exceptionnel.

 

Cours d'art les mardis soir.

Pour les membres de l'ASBL Les Amis du Musée Van Buuren , des conférences sont organisées les mardis soir. Le thème pour le trimestre en cours est la sculpture contemporaine. Prochaines sessions le 6 octobre à 20h, le 4 novembre à 20h, le 16 décembre à 20h. Plus d'infos et réservation par téléphone : 02 511 66 69 ou par email : davidalice@bounameaux.com. Attention, les places sont limitées et les prix varient selon les conférences.


Musée van Buuren

41 av. Léo Errera, 1180 Bruxelles
Tél : 02 343 48 5
Site : museumvanbuuren.com.
Ouvert tous les jours de 14h à 17h30 sauf le mardi, 10 € / 5 €, visites guidées sur demande.

 

 

 

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