Monter à cheval en Belgique

Paru dans JV 43 | Photos : Laetizia Bazzoni

En France, l’équitation est le troisième sport national et le premier sport féminin, avec 700.000 licenciés auprès de la Fédération, et une augmentation de 60 % du nombre de cavaliers en dix ans. En Belgique, il semble que ce sport soit également parmi les plus pratiqués du pays.

Equitations plurielles

De nombreux Français installés en Belgique profitent de leur nouvelle organisation de vie pour monter à cheval. Les infrastructures et la présence de magnifiques forêts et lieux de promenade tentent souvent les cavaliers amateurs. Pour les professionnels ou les compétiteurs, « la situation géographique au centre de l’Europe, proche des plus grands rendez-vous internationaux, et aux frontières de trois autres grandes nations équestres que sont l’Allemagne, la France et les Pays-Bas attire de nombreux cavaliers professionnels, nous explique Christian Simonart, fondateur de l’Equimag, magazine spécialisé francophone. Comme la Belgique a également la réputation d’être un pays florissant pour les marchands de chevaux, ils sont aussi attirés par cet aspect. » Avec en plus trois studbooks et de nombreux éleveurs, la Belgique est un acteur incontournable du circuit européen. Si le saut d’obstacle est la discipline la plus représentée, loin devant le dressage et le complet, les amateurs pourront trouver leur bonheur quelle que soit leur activité de prédilection : reining, voltige, attelage, horse-ball…

Voici des éléments pour aborder cette communauté disparate dont l’amour du cheval est le dénominateur commun.

Lire ou relire ici le portrait de Ludovic Henry, Français établi en Belgique, qui évolue à très haut niveau en dressage.


Cavalier occasionnel, propriétaire, pensionnaire...

En Belgique, contrairement à la France, il n’est pas si évident de trouver des chevaux de manège. Les clubs, en général, privilégient les propriétaires qui, eux-mêmes, s’orientent vers une solution de pension pour partager leur cheval à jours fixes avec un autre cavalier. Les frais sont ainsi partagés selon le nombre de jours que vous prendrez, soit un jour par semaine, soit deux jours par semaine (un tiers de pension), soit trois jours (une demi-pension), la semaine se comptant généralement sur six jours, le cheval ayant un jour de repos convenu. Souvent, les jours de week-end sont plus chers que ceux de semaine. Ce mode de fonctionnement, évidement, est plus contraignant qu’une inscription « à la carte » comme cela existe beaucoup en France. Certains manèges le font cependant, comme la Chevalerie, l’Etrier ou l’Ariosa.


Choisir son manège

Si vous prenez une leçon par semaine, il vous sera facile de vous déplacer jusqu’au manège, mais il ne faut pas oublier que l’équitation est un sport qui prend du temps, pensez-y si vous montez souvent… Outre la préparation du cheval, qu’il convient de brosser et harnacher correctement, votre heure de leçon débordera souvent de quelques minutes, le temps de venir jusqu’au manège, puis de marcher encore quelque temps, et enfin de « déshabiller » votre cheval. Comptez entre une heure trente et deux heures sur place. C’est une donnée utile pour choisir votre club, en fonction de vos centres géographiques. Bruxelles intra-muros possède peu de manèges (La Cambre, Le Royal Etrier, Le Manège du Possible...), mais les contours de la ville sont ponctués de nombreuses adresses ayant pignon sur rue, et de dizaines d’écuries privées plus difficiles à dénicher, parfois accessibles uniquement par bouche à oreille. Aux abords de la Forêt de Soignes, les établissement sont nombreux et réputés, comme Le Merry Horse ou La Chevalerie vers Rode-Saint-Genèse ; Le Relais de Groenendaal, les Drags, Le Lord Newcastle Stables, Musette, le Royal Country Riding Club vers Hoeilaart ; Le Riding à Duisburg. Vers le golf d’Anderlecht se trouve le manège de L’Amazone, et plus loin, les adresses se multiplient vers Chaumont-Gistoux, Bornival, Villers la Ville... et les prix se démocratisent.

Sur les sites de lewb.be ou ghcr.be, vous trouverez tous les cercles autour de Bruxelles, à Bruxelles, en Wallonie ou à Liège. Pour les manèges en région flamande (ils sont nombreux) ce sera sur la vlp.be… mais en néerlandais. Autant aller voir directement sur les sites des manèges cités ci-dessus.


Les assurances

Généralement, c’est via votre club que vous prendrez une assurance de cavalier si vous n’êtes pas propriétaire. Si vous êtes proriétaire, vous devrez aussi contacter votre assurance familiale pour étendre votre Responsabilité Civile à votre cheval (si vous possédez un chien, vous devez d’ailleurs le faire également). Vous pouvez aussi assurer votre cheval pour certaines maladies, frais vétérinaires, problèmes liés à la compétition. Beaucoup de formules existent. Les assureurs spécialisés ne manquent pas. Parmi eux, nous vous recommandons Watinco (excellent rapport qualité-prix et suivi, site : watinco.be), et Catherine de Buyl (assez présente auprès des professionnels, site : debuylinsurance.com).


Combien ça coûte ?

Le cheval. Impossible de donner une idée de prix pour un cheval, cela dépend trop de ce que vous voudrez en faire. Sachez juste que les chevaux sont souvent plus chers en Belgique qu’en France, qu’il s’agisse de chevaux pour le saut d’obstacle ou de chevaux de dressage. La raison se trouverait dans l’absence de Haras nationaux en Belgique, même s’il existe 3 studbooks, que les éleveurs privés sont nombreux, mais à petit pays, plus petit marché. Cependant, la situation géographique de la Belgique lui offre l’opportunité d’étendre son réseau dans les pays voisins : ainsi, chercher un cheval en France, en Allemagne, en Hollande est monnaie courante. Les règles d’achat doivent ensuite suivre votre réalité économique : l’achat d’un cheval n’est souvent rien au regard de ce qu’il coûtera ensuite en entretien. Et si vous décidez d’acheter, n’oubliez jamais d’effectuer une visite d’achat auprès d’un vétérinaire de confiance.

La pension. Elle varie, bien entendu, selon la situation géographique du lieu, son standing, ses prestations. à Bruxelles et dans ses environs proches, louer un box pour son cheval coûte entre 400 et 700 euros par mois, pour un box sur paille. Le choix d’une location sur copeaux (pour les chevaux sujets aux coliques généralement, ou pour des raisons d’allergies respiratoires) est plus coûteux. La distribution de foin deux ou trois fois par jour est généralement comprise dans le prix de location du box. D’autres services forfaitaires peuvent s’ajouter selon les manèges : préparation du cheval, nettoyage du matériel et des couvertures, mise au paddock ou au pré (ici on dit « prairie »), longe...

Les cours. Si vous prenez des cours individuels sur des chevaux de clubs, une fois que vous vous serez acquittés des éventuelles cotisations ou autre carte de membre, vous paierez entre 25 et 50 euros de l’heure, selon la formule choisie de cours individuel ou collectif. N’espérez pas partir directement en promenade avec un cheval : si certains manèges organisent des promenades (L’Ariosa, L’Etrier) sur des chevaux de manège, ils vous jugeront d’abord avant de vous confier un cheval. C’est une marque de sérieux et de respect de l’animal.

La cotisation. Que vous soyez propriétaire, cavalier occasionnel ou pensionnaire régulier d’un cheval, la plupart des manèges demandent une cotisation annuelle pour faire partie de leur club. Une fois encore, cette cotisation varie selon les manèges, allant de 100 à plus de 300 euros selon les cas. à cela s’ajoute une assurance prise auprès de la fédération équestre belge, qui est de 23 euros.

L’équipement. L’équitation est un sport onéreux qui a tendance à pousser un peu à la consommation. La Belgique, à l’instar de la France, ne fait pas exception. Si vous inscrivez votre enfant dans un manège ou débutez vous-même comme adulte, soyez prudents concernant le matériel « indispensable ». En Belgique, des brocantes équestres existent : tant que vous ignorez si vous allez mordre à ce sport ou non, limitez les investissements et préférez les réseaux d’achat parallèles. Si vous continuez et devez vous acheter du matériel plus conséquent, là encore il existe toutes les catégories de prix. Sachez qu’un bridon (nom belge pour le filet simple français) chez Decathlon à 35 euros tiendra longtemps, autant qu’un autre acheté 100 euros chez un détaillant. Ensuite, c’est une question d’esthétique... et de snobisme, avouons-le. Côté selle, idem : comme elle s’adapte au cheval, tant que vous n’avez pas le vôtre, inutile de dépenser des fortunes pour monter une fois par semaine. Quand on sait qu’elles sont vendues entre 300 et 3.000 euros en moyenne, cela fait réfléchir. Si vous devenez propriétaire, en revanche, investissez pour le long terme : ne lésinez pas sur la qualité (et donc le prix et le conseil avisé des détaillants professionnels).


Déjeuner au milieu des pistes

Certains manèges ouvrent leur bar ou restaurant aux curieux de passage, cavaliers ou non (certains privatisent aussi une partie de leurs structures pour des événement privés). C’est là l’occasion, souvent, de déjeuner d’une carte simple dans des endroits très particuliers, avec spectacle assuré par les cavaliers et leurs montures ! Ainsi le Royal Country Riding Club (à côté du Barbizon, restaurant étoilé à Overijse), est un manège magnifique qui dispose d’une très jolie terrasse donnant sur la piste extérieure (Welriekendedreef, 99 - 3090 Overijse, tél : 02 657 11 35). La Chevalerie possède également un bar qui a été récemment rénové. Situé en bordure de forêt de Soignes, il ne dispose pas de terrasse mais de grandes baies vitrées donnant sur les pistes intérieure et extérieure.

La carte est simple et l’endroit idéal le dimanche, après une promenade dans la forêt (38 avenue Brassine, 1640 Rhode-Saint-Genèse, tél : 02 358 37 64, site : lachevalerie.be). Enfin le Royal Etrier belge, dans le quartier du Vert Chasseur, est un magnifique bâtiment qui était entouré de champs il y a trente ans. Difficile à imaginer... On y déjeune très correctement, avec vue en contre-plongée sur les cavaliers qui montent dans la piste extérieure (19 Champ du Vert Chasseur, 1000 Bruxelles, tél : 02 374 28 60, site : royaletrierbelge.be).


Magasins spécialisés

Jaipur’s choice - 133 Tramlaan, 1933 Sterrebeek, tél : 02 768 10 86, site : jaipurschoice.be. Fermé dimanche et lundi.

Le Yearling - 1359H chée de Waterloo, 1180 Bruxelles, tél : 02 375 08 80, site : yearlingdressage.com. Fermé dimanche et lundi.

MPM - 101 chaussée de Hal, 1640 Rhode-St-Genèse, tél : 02 381 17 47, site : sellerie-mpm.be. Fermé dimanche et lundi.

Sellerie Gilbert - 28 Rue de Mons, 1400 Nivelles, tél : 067 21 41 74, site : selleriegilbert.com. Fermé dimanche.

Martine Detry - 104 Terblokstraat, 3090 Overijse, tél : 02 657 39 57. Ma-sa 14h-19h.

Decathlon - 50 Drève Olympique, 1070 Anderlecht, tél : 02 559 10 10, site : decathlon.be. Fermé le dimanche.

 

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