Lasne

Paru dans JV 60 - avril mai 2017 | Texte : Aurélie Koch

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Au sud de Bruxelles, cette commune verte et vallonnée joue les outsiders, affirmant haut et fort ses différences et ses spécificités. Ceux qui n’en font pas partie s’en moquent gentiment. Peu importe, les Lasnois sont seuls au monde... et ont pour ces raisons séduit beaucoup de nos compatriotes.

Sur cette vaste commune de plus de 47 km2 qui comprend plusieurs “sections” (comme Ohain, Plancenoit, Couture saint Germain, Maransart), quelque 14.000 habitants ont élu domicile, dont environ 10 % seraient des compatriotes. Située dans le Brabant wallon, juste en dessous de Waterloo, elle présente des caractéristiques qui ne peuvent échapper au promeneur étranger : des rues très vertes, des propriétés cachées aux regards des curieux, des voitures rutilantes et souvent décapotées dès qu’il fait beau, un centre composé de commerçants plutôt chics, avec de jolies boutiques. À l’horizon, peu d’appartements, pas de gare. Cette description, même simpliste, n’est pourtant pas éloignée de la réalité, bien que caricaturée. Elle est d’ailleurs totalement assumée par les habitants de Lasne eux-mêmes, qui se définissent en riant comme « les irréductibles gaulois du Brabant wallon ».

Politique « verte »
En effet, depuis les années 90, il semble que toute la politique de cette commune particulière soit orientée dans un même sens, qui privilégie le respect des espaces verts, la surveillance quasi-dogmatique des vues préservées, le contrôle strict des lois urbanistiques. Cette politique a pu être menée grâce à la cohésion du bourgmestre et de son collège, qui appartiennent au même parti (MR) et ont donc les moyens de mener une politique d’ensemble cohérente. La bourgmestre, Laurence Rotthier, est d’ailleurs une Lasnoise de toujours, dont le père a lui-même longtemps été bourgmestre. Côté logements, la population est donc privilégiée, l’idée principale étant de maintenir l’existant, de l’embellir sans changer les choses. « Nous bénéficions d’un cadre naturel exceptionnel qui séduit beaucoup de monde », nous explique Julie Peeters-Cardon de Lichtbuer, échevin de l’urbanisme depuis 2012, « mais c’est notre bien le plus précieux. Une commune comme Waterloo a son Lion et son site historique, Genval a son lac, La Hulpe son château… Nous, nous n’avons que nos arbres, nos maisons et notre façon de vivre, axée sur la discrétion, la famille, les promenades… Les Lasnois sont très soudés, et sont conscients de l’importance de maintenir cette qualité de vie. » Architecte de formation, Julie connaît très bien Lasne, où elle vit depuis des années, et entend y préserver ses qualités urbanistiques : « Lasne est composée de creux et de vallées, et donc il y a toujours un endroit où de sa maison, on voit une autre maison. Il faut donc faire très attention aux constructions, et rénovations envisagées, sur le terrain et en hauteur. De nombreuses personnes sont séduites par notre commune ? Alors si elles décident de s’y installer, elles doivent jouer le jeu : celui-ci passe par une observation stricte des règles imposées par la commune. » Qu’on se le dise, Lasne est une commune qui a la réputation d’être très dure concernant les projets de rénovation et agrandissements, « surtout qu’il existe des zones différentes, selon l’endroit où l’on achète : hameau, village, terrain en zone agricole ou d’habitation… », précise Julie.

Un marché particulier
Pour acheter sans se tromper, ni découvrir a posteriori qu’on ne peut construire qu’une maison de 150 m2 sur un terrain trente fois plus grand (mais dont les deux tiers sont en zone agricole), mieux vaut s’adresser à des professionnels qui connaissent bien la région. C’est le cas de Point of View, seule agence du centre de Lasne ayant pignon sur rue. Christina Lucander, qui l’a créée il y a 20 ans, est arrivée d’Helsinki pour s’installer à Lasne en 1984. De la Finlande au Brabant wallon, le choix est réel : « J’ai mis beaucoup de temps à trouver ce que je voulais, et cela m’a ensuite servi, sans doute, pour affiner mon offre lorsque j’ai décidé de créer mon agence, après avoir élevé mes filles. » La force de cette agence est d’être située au centre de la commune, et d’être gérée par quatre Lasnoises pur-jus, qui vivent là et sont donc au courant de beaucoup de choses. Y a-t-il une maison lasnoise typique ? « Pas vraiment, explique Christina. L’offre est large, même si le calme, la nature sont des constantes. Mais une fermette lasnoise peut côtoyer une maison plus spacieuse et plus moderne, ou des appartements, qui se développent depuis quelques années. Le marché est complexe, il faut bien connaître les terrains, pour savoir ce qui est possible comme rénovation. Le plus de notre commune réside souvent dans la présence de domaines exceptionnels, de propriétés équestres, ou de terrains immenses. Il est très rare de présenter de tels biens à une distance si proche d’une capitale. Souvent, il faudrait aller jusqu’à Namur pour trouver ce genre de biens. C’est une des grandes qualités du marché lasnois. C’est un marché d’investissement à moyen ou long terme, mais pas avec un rendement immédiat. De nombreux couples, aussi, reviennent ici après avoir passé quelques années en ville. Ils ont été élevés à Lasne et désirent élever à leur tour leurs enfants dans cet environnement privilégié et protégé. Pour une maison “en état” avec 4 chambres et 2 à 3 salles de bain, sur une vingtaine d’ares, il faut compter environ 7/800.000 euros. Mais les prix peuvent s’envoler selon la situation, la finition et la grandeur de la maison. » Que viennent chercher les Français ici ? « La quiétude et la discrétion. On connaît vite du monde, mais personne ne vient vous importuner. Et tout est à portée de main : le médecin, les garderies, les écoles primaires, les magasins… ou à maximum 10 minutes (pour les supermarchés ou les écoles secondaires). C’est un village… mais un village qui ne ressemble à aucun autre du Brabant wallon ! »

 

Les plus :
• pas de gare… donc pas de notion de « cité dortoir »
• des promenades très nombreuses
• pas de supermarchés, mais une offre très large de petits commerces de qualité
• un environnement très vert
• une offre importante de maisons de charme
• quelques maisons exceptionnelles, dont la superficie est rare si proche de Bruxelles (25 minutes)
• la notion de « village » où tout le monde se connaît et se côtoie
• les nombreux rendez-vous organisés par la commune : le marché de Noël, la Fancy Fair, le Carnaval des enfants, la braderie de juin, la biennale de sculpture, la foire du verre, les Jardins d’Aywiers, les expositions organisées par la maison communale

Les moins :
• pas de gare… mais d’autres gares dans les communes voisines sont accessibles en voiture et mènent directement à la gare du Midi par exemple, ou dans le centre de Bruxelles
• pas de supermarché…
• pas d’écoles secondaires (mais 8 écoles primaires). Les secondaires se trouvent dans les communes avoisinantes (et ont un bon niveau) mais si vous n’êtes pas sur un trajet de ramassage scolaire… vous prenez votre voiture
• la nécessité de tout faire en voiture
• une certaine uniformisation de pensée et de milieu. On s’y sent à l’aise… ou on fuit à toutes jambes !
• L’offre culturelle limitée : on n’est qu’à 25 minutes de Bruxelles, donc à une demi-heure.

 

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