Le "haut" de Saint-Gilles

Paru dans JV 57 - octobre 2016 | Texte : Nathalie Buet, Photos : Corentin Van Den Branden

Patrimoine architectural

saintgills2L’autre point fort, bien entendu, est le patrimoine architectural du haut de Saint-Gilles (ou « des hauts », les avis divergent) : des façades préservées et une unité architecturale inhabituelle pour la capitale. Cela s’explique par la genèse de ce quartier. Imaginez qu’avant 1892, le quartier compris entre les chaussées de Waterloo et d’Alsemberg était un vaste plateau désert. « À l’emplacement de l’Hôtel de Ville, c’était une carrière de sable, entourée de champs » (Saint-Gilles 800 ans… Du village à la Ville – Huit siècles de développement urbain, Syndicat d’Initiative de Saint-Gilles, 2016). « Il y avait même de la vigne ! » ajoute Patrick Debouverie, échevin aux Affaires économiques de la commune, Saint-gillois depuis quatre générations et qui coordonne le Cercle d’Histoire de Saint-Gilles.

En 1892, décision est prise de transformer le quartier de la prison suivant un plan d’urbanisme précis, et dès 1893 les travaux d’aménagement débutent. En 1900 est posée la première pierre de l’Hôtel de Ville de Saint-Gilles et le bâtiment style néo-renaissance est inauguré en 1904. L’expansion de l’urbanisation ne se fait pas attendre : au début du XXe siècle, le quartier est entièrement bâti et fait l’objet d’un classement garantissant une protection urbanistique rigoureuse ! Du côté de la chaussée de Charleroi et du carrefour Ma Campagne, le développement est fulgurant aussi, les terrains vagues se couvrant de belles bâtisses bourgeoises, notamment dans le style Art nouveau. On peut aujourd’hui déambuler et découvrir l’Hôtel Hannon, la Maison de Victor Horta et d’autres constructions d’architectes de renom tels que Paul Hankar, ou Paul Hamesse.

Des adresses branchées…

Ajoutez à cela une pointe de bobo-attitude… et vous aurez un bel aperçu de ce quartier. Comment l’expliquer ? Certes, la commune attire depuis toujours de nombreux artistes et maintient cette tradition avec ses galeries et ses ateliers d’artisans. Mais c’est sans aucun doute la jeunesse de sa population qui explique l’ambiance branchée du quartier : en 1980, la moyenne d’âge de la population saint-gilloise était de 60 ans. Aujourd’hui, elle est de 35 ans. Pas étonnant donc que ce soit ici que s’installent de nombreux petits restaurants (une quarantaine d’implantations depuis 2014) mais également des commerces bio, des bars à vin ou des bistrots (voir nos adresses). N’en déplaise aux Saint-gillois de souche, qui continuent de remplir les cafés portugais du quartier, ce qui maintient un éclectisme non dénué de charme dans la commune.

 

 

 

 

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