Le "haut" de Saint-Gilles

Paru dans JV 57 - octobre 2016 | Texte : Nathalie Buet, Photos : Corentin Van Den Branden

Avec ses petites maisons aux façades de style Art déco, ses rues calmes fleuries et ses airs de commune bobo, le haut de Saint-Gilles en fait rêver plus d’un. Les Français ne sont pas les derniers à avoir succombé à son charme… pourquoi ce succès ?

Si Saint-Gilles fête en 2016 ses 800 ans d’existence, les « hauts de Saint-Gilles », à savoir le nord de la « barrière », les quartiers de l’Hôtel de Ville, du « goulet » Louise et de « Ma Campagne » ne se sont développés qu’à la fin du XIXe siècle. Entre 1850 et 1900, la population de la commune est passée de 5 000 à 50 000 habitants et n’a jamais cessé de croître. Depuis 2005, on parle même de boom démographique, la commune ayant connu une progression de 15 % de sa population. Dans le haut de Saint-Gilles, les prix de l’immobilier n’ont cessé d’augmenter sur cette même période. Qu’y a-t-il de si attirant dans ce quartier ?

Parmi les points forts du nord de Saint-Gilles, l’un des plus cités est sa situation géographique. D’un côté, il y a la proximité avec le quartier du Châtelain, de l’autre, le centre et l’avenue Louise (la chaussée de Charleroi qui débute place Stéphanie est entièrement située sur la commune). Pour les Français qui s’installent sans voiture dans un premier temps, c’est un véritable plus. Ils sont près de 5 000 à habiter cette commune en 2016, et pour certains d’entre eux, la proximité avec la Gare du Midi (10 min en métro depuis la station Horta, 15 min depuis la station Moris en tram 81, 30 min à pied) est un plus si l’on fait le trajet plusieurs fois par semaine. Il faut dire que la densité des transports en commun dans ce quartier est exceptionnelle pour Bruxelles (trams 3, 4, 51, 81, 92, 97, bus 48 et 54, métro lignes 1 et 5).


Patrimoine architectural

saintgills2L’autre point fort, bien entendu, est le patrimoine architectural du haut de Saint-Gilles (ou « des hauts », les avis divergent) : des façades préservées et une unité architecturale inhabituelle pour la capitale. Cela s’explique par la genèse de ce quartier. Imaginez qu’avant 1892, le quartier compris entre les chaussées de Waterloo et d’Alsemberg était un vaste plateau désert. « À l’emplacement de l’Hôtel de Ville, c’était une carrière de sable, entourée de champs » (Saint-Gilles 800 ans… Du village à la Ville – Huit siècles de développement urbain, Syndicat d’Initiative de Saint-Gilles, 2016). « Il y avait même de la vigne ! » ajoute Patrick Debouverie, échevin aux Affaires économiques de la commune, Saint-gillois depuis quatre générations et qui coordonne le Cercle d’Histoire de Saint-Gilles.

En 1892, décision est prise de transformer le quartier de la prison suivant un plan d’urbanisme précis, et dès 1893 les travaux d’aménagement débutent. En 1900 est posée la première pierre de l’Hôtel de Ville de Saint-Gilles et le bâtiment style néo-renaissance est inauguré en 1904. L’expansion de l’urbanisation ne se fait pas attendre : au début du XXe siècle, le quartier est entièrement bâti et fait l’objet d’un classement garantissant une protection urbanistique rigoureuse ! Du côté de la chaussée de Charleroi et du carrefour Ma Campagne, le développement est fulgurant aussi, les terrains vagues se couvrant de belles bâtisses bourgeoises, notamment dans le style Art nouveau. On peut aujourd’hui déambuler et découvrir l’Hôtel Hannon, la Maison de Victor Horta et d’autres constructions d’architectes de renom tels que Paul Hankar, ou Paul Hamesse.

Des adresses branchées…

Ajoutez à cela une pointe de bobo-attitude… et vous aurez un bel aperçu de ce quartier. Comment l’expliquer ? Certes, la commune attire depuis toujours de nombreux artistes et maintient cette tradition avec ses galeries et ses ateliers d’artisans. Mais c’est sans aucun doute la jeunesse de sa population qui explique l’ambiance branchée du quartier : en 1980, la moyenne d’âge de la population saint-gilloise était de 60 ans. Aujourd’hui, elle est de 35 ans. Pas étonnant donc que ce soit ici que s’installent de nombreux petits restaurants (une quarantaine d’implantations depuis 2014) mais également des commerces bio, des bars à vin ou des bistrots (voir nos adresses). N’en déplaise aux Saint-gillois de souche, qui continuent de remplir les cafés portugais du quartier, ce qui maintient un éclectisme non dénué de charme dans la commune.

 

 

 

 


... Et un immobilier qui s’envole !

Alors, mixte, la population de Saint-Gilles ? « Oui », nous répond l’échevin aux Affaires économiques Patrick Debouverie, « 140 nationalités sont représentées dans cette commune. Mais dans ces quartiers, vu les prix de l’immobilier, la mixité est plutôt européenne ». Confirmation du côté des agences immobilières. L’agence JAM s’est installée il y a 35 ans dans le quartier. « Quand mes parents se sont installés ici, personne n’a compris, aujourd’hui, on ne nous pose plus la question », explique John Maes, gérant de l’agence. « Oui, les prix augmentent de façon régulière depuis 30 ans, on n’a jamais connu de baisse des prix ici. Pour l’achat d’un appartement de moins de 100 m2, on flirte avec les 3 500 euros du mètre carré. Pour les appartements de plus de 100 m2, on n’est jamais en dessous de 2 800 euros. » Pour ce qui est des maisons, les biens sont rares, et très demandés. Une maison à moins d’1 million d’euros ne reste jamais en vente plus d’une semaine. La plupart des offres sont faites dans la foulée des visites et les négociations sont rares. Ici on ne parle pas de prix au mètre carré, tous les espaces n’étant pas réellement utiles (pour rappel, en Belgique, point de loi Carrez). Une maison de 120 m2 habitables part en général autour de 400 à 420 000 euros « dans son jus » (comprendre : où tout est à refaire). Y a-t-il des exceptions géographiques ? Non, même les environs de la place Louis Morichar, un peu moins bien fréquentée le soir, restent fortement valorisés et il faut noter que pour toute la zone entre la chaussée de Charleroi et le Châtelain (rues de l’Aqueduc, Américaine, chaussée de Waterloo) les prix explosent, pour s’aligner sur ceux d’Ixelles. Cette tendance devrait se confirmer avec le déménagement de la prison dans les environs de 2020 (au plus tôt : il faut attendre la fin du chantier de la nouvelle prison de Haren) et la construction de nouveaux logements. Que les amoureux du quartier se rassurent : une demande de classement de l’enceinte extérieure a été faite et les nouveaux bâtiments (crèches, écoles, commerces de proximité, etc.) devraient être construits dans des volumes et niveaux en phase avec l’architecture environnante !

magnavillePortrait de Français à Saint-Gilles : Ludivine et Charles de Magnanville

« Il y a 5 ans, alors que nous visitions Bruxelles en touristes, nous nous sommes perdus dans Saint-Gilles (nous cherchions le Sofitel Louise et n’avions pas de GPS) et avons découvert, un peu malgré nous, ce quartier. L’an dernier, nous avons décidé de quitter Paris où nous gérions un restaurant, pour Bruxelles. Nous avons alors tout de suite pensé à Saint-Gilles. Ce que nous apprécions ici ? Tout peut se faire à pied ou en 3 ou 4 stations de tram. Depuis notre arrivée en août dernier, nous ne nous lassons pas d’observer les jolies façades du quartier. Autre avantage, les immeubles sont assez bas, ce qui nous permet de voir le ciel depuis chez nous ! Même s’il est plus gris qu’à Paris, ici au moins, nous le voyons… À la commune, tout le monde nous a accueilli très chaleureusement et les formalités administratives d’inscription se sont déroulées le plus agréablement du monde. Le seul bémol ? Les inscriptions aux écoles ont été une épreuve de force… On nous avait vendu un choix d’écoles et de pédagogies alternatives à Bruxelles, mais en réalité il n’y en a pas dans la commune, et, pour celles plus proches de nous, elles sont impossibles à intégrer car les listes d’attente sont très longues. Même bagarre pour les écoles communales… Il a fallu batailler pour faire intégrer nos enfants dans l’une d’elles. Un seul de nos deux enfants a eu une place, je ne désespère pas pour l’an prochain ! »

Les rendez-vous saint-gillois :

• Animations autour des 800 ans de la ville jusqu’à la fin de l’année : stgilles800.be.
• Brussels Art nouveau & Art déco Festival (BANAD Festival) : du 11 au 26 mars 2017.
• Foire des vignerons : 17-20 mars sur la Place Van Meenen.
• Portes ouvertes des ateliers d’artistes de Saint-Gilles « Parcours d’artistes » : au mois de mai-juin.
• Marché français : autour du 14 juillet.

 


 

Les adresses du "haut" de Saint-Gilles

Artisans

Ad Hoc : Encadreur. 36 rue d’Irlande, tél : 02 538 11 78. Sur rdv.

Tao Guitar Works : Luthier. 137 rue Saint-Bernard, tél : 02 538 81 31, site : taoguitars.com. Sur rdv du ma au sa de 10h à 13h et de 14h à 19h.

L’artisan garnisseur. 62 rue de Lombardie, tél : 02 534 54 32. Du ma au ve de 10h30 à 13h et de 14h à 17h, sa de 10h30 à 12h30 et de 14h30 à 16h30.

 

Marchés, produits bio

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L’Heureux Nouveau Livraison de paniers bio. 16 rue de la Glacière, tél : 0488 10 63 60, site : lheureuxnouveau.be.

Papa Douala asbl d’initiatives citoyennes et réparateur de vélos, qui accueille un marché bio les vendredis après-midi. 12 av Adolphe Demeur. Site : papadouala.be.

Bio C Bon 18 chée de Charleroi, tél : 02 538 96 30, site : bio-c-bon.eu. Du lu au sa de 10h à 20h.

Almata 80 rue d’Albanie, tél : 02 534 74 35. Du lu au sa de 10h à 20h.

Marché de la place Van Meenen Sur la place de l’Hôtel de Ville, les lundis après-midi. On peut aussi y prendre l’apéro.

Bons produits

Boucherie Ma Campagne 357 chée de Waterloo, tél : 02 537 92 91. Du lu au ve de 6h à 19h, sa de 6h à 15h.

Boulangerie La Mi-do-ré Excellentes pâtisseries. 320 chée de Waterloo, tél : 02 534 53 79. Du ma au sa de 7h à 19h et di de 8h à 18h.

Forcado Pâtisseries portugaises. 196 chée de Charleroi, tél : 02 539 00 19. Du ma au di de 10h à 18h.

Orientalia Traiteur libanais. 277 chée de Charleroi, tél : 02 520 75 75. Du ma au jeu de 9h à 18h30, ve de 9h à 23h.

Tea for Two Thé, pâtisserie et petite restauration. 394 chée de Waterloo, tél : 02 538 38 96. Du ma au sa de 11h à 18h, di de 12h à 18h.

Hôtels et chambres d’hôtes
Le quartier Louise compte de nombreux hôtels. Pour un accueil personnalisé :

Un jardin en ville 44 rue d’Espagne, tél : 0477 32 90 92, site : machambre dhotesbruxelles.be. De 45 € (chambre simple) à 105 € la nuit, prix hors petit-déjeuner.

Restaurants

La Buvette et Le Café des spores (en face) 103 chée d’Alsemberg, tél : 02 534 13 03. Le soir du ma au sa.

Au Marché noir 36 av Adolphe Demeur.

Sale Peppe Rosmarino 98 rue Berckmans, tél : 02 538 90 63. Le soir du lu au sa.

Bottega della pizza 39 av Dupectiaux, tél : 0487 78 00 52. Lu, me, je, ve, sa de 12h à 14h et de 18h à 22h30 et di de 18h à 22h30.

Colonel 24 rue Jean Stas, tél : 02 538 57 36. Du ma au sa de 12h à 14h30 et de 19h à 22h30.

Le Damoiselle 28 rue de Lombardie, tél : 02 539 20 04. Ma, me, je, ve de 12h à 14h30 et de 18h30 à 22h30. Sa de 18h à 22h30.

Le Prélude 82-84 rue Antoine Bréart, tél : 02 538 61 64. Du ma au ve de 8h30 à 18h30, sa de 10h à 18h30.

Dolce Amaro 115 chée de Charleroi, tél : 02 538 17 00, site : dolceamaro.be. Du lu au ve de 12h à 14h30 et de 19h à 22h. Sa de 19h à 22h.

Bars

Le Moeder Lambic 68 rue de Savoie, tél : 02 544 16 99. Tlj de 16h à 2h (3h le sa).

Le Rubis 34 av Adolphe Demeur, tél : 02 851 75 57. Du lu au sa de 11h à minuit.

Le bar du matin 172 chaussée d’Alsemberg, tél : 02 537 71 59. Du lu au me de 8h à 1h, du je au sa de 8 à 2h.

Le Belladone 17A rue Moris, tél : 0471 42 90 45. Du lu au sa de 18h à 1h.

La Trinquette 3 rue de l’Acqueduc, tél : 02 537 94 59. Ma 18h-23h, me-je-sa 18h-00h, ve 18h-1h.

La Biche L’ancien Wembley. 1 place Maurice Van Meenen. Tlj 10h-1h, 2h ve-sa.

Décoration, équipement, maison…

William Concept Cuisines et salles de bain. 32-34 chée de Charleroi, tél : 02 534 37 23.

Maison Vandenheuvel Salles de bain. 82-86 rue de l’Hôtel des Monnaies, tél : 02 538 15 61. Du ma au ve de 8h à 18h. Sa de 9h à 17h.

Dandelion Design vintage. 187 rue de la Victoire, tél : 0497 22 08 20. Facebook : dandelion vintagedesign. Du je au sa 11h-18h.

MDG&CO 337 chée de Waterloo, tél : 02 539 31 55. Site : mdg-co.com. Lu de 14h à 18h30, ma-ve 10h30-18h30 ou sur rdv.

Schleiper Matériel artistique. 149 chée de Waterloo, tél : 02 541 05 41. Site : schleiper.com. Du lu au sa de 10h à 18h30.  

Dille & Kamille 16 rue Jean Stas, tél : 02 538 81 25. Du lu au sa de 9h30 à 18h30.

Mmmmh ! 92 chée de Charleroi, tél : 02 534 23 40, site : mmmmh.be. Tlj 10h-19h (di 18h).

International Home of Cooking 10 chée de Charleroi, tél : 02 539 27 46, site : homeofcooking.com. Lu-ve 10h-18h30 et sa 10h-19h.

Pilates et Qi Gong

Valérie Chenain Française installée il y a un an à Bruxelles, elle donne des cours de pilates collectifs et individuels. Sur demande par mail ou par téléphone : chenainla@yahoo.com. Tél : 0494 48 63 24.

Life Care Center Qi Gong 279 chée de Charleroi, tél : 02 649 62 37, site : lifecareqigong.be.

Divers

Skull : C’est l’une des premières librairies spécialisées en BD à Bruxelles. 336 chée de Waterloo, tél : 02 538 36 99, site : skullbd.com.

Loupinette Concept Store : Des vêtements et accessoires tendance. 345 chée de Waterloo, tél : 0474 31 40 64.

Ayo Esthétics Centre de beauté. 88A chée de Charleroi, tél 0486 25 64 17. Du lu au sa de 9h à 18h30 et me de 10h30 à 20h30.

Melting Pot Centre de beauté. 164 chée de Charleroi, tél : 02 537 66 93, site : meltingpothb.be. Du lu au me et ve de 9h30 à 19h, jeu de 9h30 à 21h, sa de 8h à 19h.

Les marques et enseignes de mode sont concentrées dans les rues adjacentes à l’avenue Louise, que l’on appelle aussi le « goulet ».

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