La banque en Belgique en 25 questions/réponses

Paru dans HS n°8 2016-2017

1) Comment s’y retrouver parmi les différents réseaux bancaires belges ?

Le paysage bancaire belge est aujourd’hui dominé par quatre grands réseaux bancaires, qui disposent du plus grand nombre d’agences et qui proposent une gamme de services extrêmement complète : KBC Banque (CBC Banque en Wallonie), ING Banque, Belfius Banque et BNP Paribas Fortis. Ces quatre institutions sont les survivantes d’une grande vague de concentration intervenue dans les années 80 et 90, et de la crise financière de 2008 qui aura pratiquement fait disparaître deux d’entre elles. Le premier groupe bancaire belge, la Banque Fortis, sera racheté par BNP Paribas ; tandis que le troisième (Dexia Banque Belgique) sera finalement nationalisé et deviendra Belfius Banque.

À côté de ces grandes banques, qui ont plusieurs centaines d’agences réparties sur l’ensemble du pays, le paysage bancaire belge comporte également de nombreux réseaux bancaires indépendants, une multitude de banquiers privés, et de nombreuses sociétés de gestion ainsi que de nombreux family offices.

2) Pourquoi choisir une grande banque ?

Les grands réseaux bancaires présentent l’avantage de proposer leurs services sur l’ensemble du pays, et de proposer une gamme complète allant des opérations bancaires de base jusqu’aux services pour les grandes fortunes en passant par les prêts hypothécaires ou les assurances. Elles proposent bien entendu également leurs services aux entreprises, avec des activités de banques d’investissement, une salle de marché pour traiter les ordres, et d’octroi de crédits pour les petites et moyennes entreprises. Enfin, la plupart disposent également d’une société de gestion dédiée, qui propose des fonds de placement « maison » aux clients du réseau bancaire. Enfin, comparé aux réseaux indépendants, ceux des grandes banques auront des horaires d’ouverture plus étendus et une couverture géographique qui permettra de vous servir un peu partout dans le pays. La faiblesse des taux obligataires au niveau mondial pèse aujourd’hui lourdement sur la rentabilité des réseaux bancaires, de sorte qu’il est probable que le nombre d’agences se réduise encore fortement durant les prochaines années dans les grands réseaux bancaires.

• Belfius Banque : belfius.be
• BNP Paribas Fortis : fortis.be
• ING Banque : ing.be
• KBC Banque : kbc.be

 

3) Pourquoi choisir une petite banque ?

Il existe de nombreuses banques de petite taille sur le marché belge, actives soit nationalement, soit régionalement, soit localement (par exemple : CPH dans le Hainaut, VDK Spaarbank dans la région de Gand). Durant les vingt dernières années, elles se sont parfois constitué des parts de marché très respectables sur certains segments comme les prêts personnels, les comptes d’épargne ou le crédit hypothécaire. Et le choix d’aller vers telle ou telle banque dépendra surtout des produits que vous cherchez. La Deutsche Bank ne propose par exemple pas de crédits à la consommation ou de prêts hypothécaires, mais aura des options très intéressantes pour réaliser ses investissements. Inversement, Europabank sera principalement active dans les prêts personnels, tandis qu’Argenta propose une gamme de services relativement large. Triodos pour sa part ne propose pas de comptes à vue, mais met en avant une approche socialement responsable de son activité, en destinant les prêts qu’elle octroie à des projets ayant une finalité sociale, culturelle ou environnementale. Certaines banques afficheront également des frais extrêmement faibles, en particulier par rapport à la centaine d’euros couramment facturée sur une année par les plus grands groupes bancaires pour leurs offres bancaires standard. Si ces réseaux indépendants ont parfois de nombreuses agences, les horaires d’ouverture seront parfois beaucoup plus aléatoires, certains agents indépendants ayant parfois la double casquette de banquier et de courtier en assurance. Enfin, il faut noter que Record Banque ou Fintro sont des réseaux alternatifs des grandes banques ING et BNP Paribas Fortis, avec traditionnellement une plus grande spécialisation sur les prêts personnels.

• Axa Banque Belgique : axa.be
• Argenta : argenta.be
• Banque de la Poste : bpo.be
• Beobank : beobank.be (pour les expats : beobank.be/fr/Operations-courantes/Expatriate-banking.aspx)
• Crelan : crelan.be
• Deutsche Bank : deutschebank.be
• Eurobrokers Finance & Insurance : ebfinance-insurance.be
• Europabank : europabank.be
• Fintro : fintro.be
• Record Banque : recordbank.be
• Banque Triodos : triodos.be

 

4) Comment se présente le paysage de la banque privée en Belgique ?

Chacune des quatre grandes banques dispose bien entendu de son propre service de banque privée. Leur large réseau bancaire leur permet d’être mis rapidement en contact avec les familles fortunées et les chefs d’entreprise, qui auront automatiquement recours à leurs services pour assurer par exemple les paiements des salaires ou des factures à leurs fournisseurs ; voire pour gérer les liquidités dégagées par leur activité. Les réseaux des grandes banques peuvent également coupler leurs services à une offre bancaire de base ou à l’octroi d’un prêt personnel. Le désavantage des grandes banques sera de proposer un service plus « standardisé » qu’une petite banque privée, de sorte que les banques privées indépendantes ont enregistré des croissances florissantes à l’ombre des grands groupes. Les plus importants sont aujourd’hui des acteurs tels que la Banque Delen, Puilaetco Dewaay ou Degroof Petercam ; et sont également issus d’un mouvement de consolidation intervenu ces 20 dernières années, mouvement qui s’est encore poursuivi ces derniers trimestres suite à la fusion entre Degroof et Petercam et suite à l’acquisition d’UBS Belgique par Puilaetco Dewaay. Enfin, il existe également de nombreux banquiers privés étrangers qui se sont implantés à Bruxelles depuis 15 ans, après avoir souvent suivi leur clientèle belge qui régularisait ses avoirs à l’étranger (pour les banquiers privés luxembourgeois ou suisses) ou leur clientèle nationale qui s’expatriait en Belgique (pour les banquiers privés français).

5) Qui sont les différents banquiers privés actifs en Belgique ?

ABN Amro Private Banking – 17A rue de la Chancellerie, 1000 Bxl –  T. 02 229 58 00, site : abnamroprivatebanking.be.
Belfius Private Banking – 44 boulevard Pacheco, 1000 Bxl – T. 02 222 10 22, site : private.belfius.be.
BNP Paribas Fortis Private Banking – 2 avenue Louis Schmidt, 1040 Bxl – T. 02 312 29 81, site : bnpparibasfortis.be/Private-Banking.
Degroof-Petercam – 44 rue de l’Industrie, 1040 Bxl – T. 02 287 91 11 – 19 place Sainte-Gudule, 1000 Bxl – T. 02 229 64 50, site : degroofpetercam.com.
Banque Delen – 72 av de Tervuren, 1040 Bxl – T. 02 511 84 10, site : delen.be.
Banque de Luxembourg – 120 chée de la Hulpe, 1000 Bxl – T.02 663 45 43, site : banquedeluxembourg.be.
CA Indosuez Wealth Management – 120 chée de la Hulpe, 1000 Bxl – T. 02 566 92 40, site : ca-indosuez.com.
CBC French Desk – 222 avenue Franklin Roosevelt, 1050 Bxl – T. 02 547 16 44, site : privatebanking.cbc.be.
Deutsche Bank Private Banking – 12 avenue Marnix, 1000 Bxl – T. 02 551 99 01, site : deutschebank.be/privatebanking.
ING Private Banking – 24 av Marnix, 1000 Bxl – T. 02 547 60 05, site : ing.be/fr/private-banking.
KBC Private Banking – 16 Grand-Place, 1000 Bxl – T 02 510 04 00, site : privatebanking.kbc.be.
Lazard Frères Gestion Belgique – 326 avenue Louise, 1050 Bxl – T 02 627 08 80 – site : prive.lazardfreresgestion.fr.
• Lombard Odier – 81 avenue Louise, 1050 Bxl – T. 02 543 08 30, site : lombardodier.com.
• Nagelmachers – 23 avenue de l’Astronomie, 1210 Bruxelles – T. 02 229 76 00, site : nagelmackers.be.
• Natixis Bank - succursale en Belgique – 120 avenue Louise, 1050 Bxl – T. 02 55 40 550, site : privatebanking.natixis.com.
• Puilaetco Dewaay Private Bankers – 46 av Hermann Debroux, 1160 Bxl – T. 02 679 45 11, site : puilaetcodewaay.be.
• Edmond de Rothschild (Europe) – Succursale en Belgique – 480 avenue Louise, boîte 16a, 1050 Bxl – T. 02 645 57 57, site : edmond-de-rothschild.be.
• Rothschild Belgique – 166 avenue Louise, 1050 Bxl – T. 02 627 77 30, site : rothschild.com.
• Société Générale Private Banking – 11 rue des Colonies, 1000 Bxl – T. 02 511 02 06, site : sgpriv.be.
• Banque Transatlantique Belgium (CIC) – 14 rue de Crayer, 1000 Bxl – T. 02 626 02 70, site : banquetransatlantique.be.



5) Dois-je contacter un Family Office ?

À côté des offres bancaires que nous venons de décrire, de nombreux family offices sont apparus ces dernières années, en particulier depuis la crise de 2008 qui aura poussé des nombreuses familles fortunées à chercher un conseil indépendant de l’institution bancaire dans laquelle leurs avoirs mobiliers

étaient (parfois mal) placés. Il n’existe toutefois pas de législation encadrant cette activité à l’heure actuelle, de sorte que n’importe quelle banque, n’importe quelle société de gestion ou n’importe quel courtier en assurances peut aujourd’hui se présenter comme étant un family office, tout en n’offrant pas un conseil vraiment indépendant des gestionnaires d’actifs dont ils distribuent souvent les produits. Dans le sens le plus strict du terme, le family office se devrait toutefois d’être totalement indépendant, et ne devrait être rémunéré que par un pourcentage des actifs mobiliers de la fortune familiale. Le premier but d’un family office va être de mettre à plat la relation entre la famille et les institutions bancaires, afin de trouver ceux qui conviendront le mieux au patrimoine de son client sur base d’un cahier des charges qui encadrera clairement ce que pourra ou ne pourra pas faire le banquier avec la partie du patrimoine familial qui lui sera confié. Les family offices travaillent également souvent avec des avocats fiscalistes réputés afin d’aborder la question de la transmission vers les générations futures. Contrairement au banquier privé qui n’a souvent qu’une vision partielle du patrimoine du client fortuné (qui place son argent dans différentes institutions), le family office aura en principe une vision claire de la fortune familiale. Les services d’un family office indépendant s’adressent avant tout aux grands patrimoines immobiliers (supérieur à 5 millions d’euros).

Meeschaert – 177 chaussée de la Hulpe, bte 16, 1170 Bxl – T. 02 372 50 90, site : meeschaert.com/implantations/bruxelles.
Family Office Brussels – 1 rue Félix Delhasse, 1060 Bxl – T. 02 533 99 72, site : familyoffice-brussels.com.
Portolani – 6 de Burburestraat, 2000 Anvers – T. 03 260 60 40, site : portolani.be.
Fuchs&Associés Finance – 273 avenue de Tervuren, 1150 Bxl – T. 02 761 70 00, site : fuchsgroup.com.
Umani – 143 avenue Franklin Roosevelet, 1050 Bxl, site : umani.be.
SGG Belgium – 209 A av Louise, 1050 Bxl – T. 02 627 55 40, site : sgggroup.com.

 

6) Quels sont les bons gestionnaires d’actifs en Belgique ?

Même si les grandes banques proposent souvent leurs produits et leurs solutions maison à leurs clients, ce ne sont pas toujours les meilleurs produits disponibles sur le marché. Il existe un vivier de gestionnaires basés en Belgique, qui proposent des fonds de placement très performants dont la gestion est reconnue internationalement. Dans ce groupe, nous retrouvons de grands banquiers privés (Degroof Petercam, Bank Delen, CapitalatWork, PuilaetcoDewaay) dont la gestion peut ainsi devenir accessible aux clients qui n’ont pas spécialement le patrimoine mobilier suffisant pour avoir accès aux services de banque privée. D’autres gestionnaires de fonds peuvent être qualifiées de boutiques, et proposent généralement deux ou trois fonds très spécialisés sur un domaine bien précis, comme la gestion quantitative d’un portefeuille d’actions mondiales chez Aphilion, ou les sociétés de grande qualité chez Mercier Vanderlinden. Enfin, il existe également des sociétés de gestion qui ne proposent pas de fonds de placement, et qui réservent leur gestion à des clients fortunés, mais sans toutefois proposer de la structuration patrimoniale, comme par exemple Wealtheon ou FIDE Capital.

• Aphilion – 11 rue des Colonies, 1000 Bxl – T. 02 217 01 30, site : aphilion.com.
• Capital at Work – 153 avenue de la Couronne, 1050 Bxl – T. 02 673 77 11, site : capitalatwork.com.
• Econopolis – 20 Sneeuw-beslaan, bus 12, 2610 Wilrijk – T. 03 366 65 55, site : econopolis.be.
• FIDE Capital – 81 avenue François Roosevelt, 1050 Bruxelles – T. 02 626 10 66, site : fidecapital.com.
• La Cambre Funds – 28-30 boulevard de la Cambre, 1000 Bruxelles – T. 02 646 62 07, site : lacambrefunds.com.
• Mercier Vanderlinden Asset Management – 254 Lange Lozanastraat, 2018 Anvers – T. 03 270 75 75, site : merciervanderlinden.com.
• Tree Top Asset Management – 79 rue des Francs, Box 7, 1040 Bruxelles – T. 02 613 15 30, site : treetopam.com.
• Wealtheon – 1135 chaussée de Waterloo, 1180 Bruxelles – T. 02 372 50 10, site : wealtheon.eu.

 

7) Qui propose des services spécifiques pour les expatriés ?

Les banquiers privés étrangers vont généralement accueillir leurs propres clients et organiser le déplacement du patrimoine vers la Belgique. Mais chaque expatrié devra nécessairement ouvrir un compte à vue (ou un compte courant) dans une banque de dépôts en Belgique afin de pouvoir réaliser des opérations courantes, comme payer les factures ou disposer d’une carte bancaire pour faire ses courses. Dans ce domaine, les grandes banques belges sont souvent incontournables, d’autant qu’elles se sont souvent dotées de services spécifiques pour les expatriés en vue de faciliter leur installation en Belgique, qui vont par exemple leur permettre d’ouvrir rapidement un compte avant même l’arrivée dans le Royaume, et d’avoir immédiatement à disposition des cartes de paiement pour réaliser des achats. ING a été la première banque active dans ce domaine, ce qui lui a permis d’avoir une part de marché élevé dans cette clientèle sur le marché belge. Elle disposerait ainsi de 250.000 expatriés, et édite magazine spécifique destiné à cette clientèle. BNP Paribas Fortis et KBC Banque (CBC Banque en Wallonie) ont imité cette démarche, et disposent désormais d’agences dont le personnel est spécialement formé pour accueillir ces nouveaux clients. Seule Belfius Banque reste encore à la traîne, et ne propose pas de service spécifique pour les expatriés arrivant en Belgique.

• ING Expat Contact Center – T. 02 464 66 62,site : ing.be/fr/retail/expat.
• KBC Expat Services – Site : kbc.be/PBL/CC028/Private_individuals/Expats.
• BNP Paribas Expat Services – T. 02 433 41 00, site : bnpparibasfortis.be/expatinbelgium.
• Beobank Expat Services – T.  02 626 50 50, site : beobank.be/fr/Operations-courantes/Expatriate-banking.aspx.

 

8) Est-il facile de changer de banque ?

Il est parfaitement possible d’avoir des comptes ouverts dans plusieurs banques en Belgique, par exemple un compte ouvert dans une banque pour gérer les comptes familiaux, un autre dans une banque spécialisée dans les services aux indépendants, et un troisième dans une institution spécialisée dans les placements financiers. Ouvrir un compte dans une banque nécessitera généralement de passer au guichet avec une preuve de résidence (une facture d’électricité, la carte d’identité, etc.) et d’attendre quelques jours que les formalités d’ouverture du compte soient remplies. Changer de banque était en effet une procédure extrêmement fastidieuse pour le client, mais la situation a changé depuis 2009 suite à la mise en place d’un service de mobilité interbancaire, qui permet aujourd’hui de consolider facilement les différents comptes ouverts chez plusieurs intermédiaires. Un formulaire est disponible sur le site de Febelfin (site : febelfin.be), qu’il suffit de remplir et de remettre à votre nouvelle banque, qui se chargera du transfert des soldes et des ordres de paiement vers votre nouveau compte. Dans la pratique, il est possible que certains paiements soient affectés, et il sera également obligatoire de communiquer le nouveau numéro de comptes aux différentes personnes, administrations (caisses d’allocation familiales, etc) ou entreprises susceptibles de vous verser de l’argent. Début 2017, le service de mobilité interbancaire sera élargi, et la nouvelle banque sera également chargée d’informer les payeurs récurrents (employeurs, organismes payeurs…) du nouveau numéro de compte du consommateur, ce qui rendra le changement de compte encore moins fastidieux.

 

8) Qu’est-ce que le service bancaire de base ?

Depuis 2003, les banques du Royaume ont l’obligation de proposer à tous les clients un minimum de services bancaires à tarif réduit (de gratuit à maximum 15,17 euros), sauf sous certaines conditions très spécifiques, par exemple si le client a commis une faillite frauduleuse ou un abus de confiance, ou s’il dispose déjà du service bancaire de base ailleurs. Avec le service bancaire de base, qui prend la forme d’un compte à vue, vous pouvez faire les opérations suivantes : des dépôts, des retraits d’argent et des paiements pour autant que le compte soit approvisionné. Il n’est pas autorisé d’afficher un solde négatif sur ce type de compte.

 

9) Combien coûte un compte bancaire ?            

Les banques belges proposent généralement une large offre de comptes bancaires, auxquels sont associés une gamme plus ou moins étendue de services. Chez Belfius Banque, l’offre est ainsi segmentée en six, deux pour les clients faisant principalement leurs opérations en ligne, et quatre pour les clients qui demandent encore un suivi régulier en agence. Le coût va de 0 à 204 euros sur un an, qui dépendra essentiellement de la carte de crédit dont le client dispose dans son offre. Dans sa formule la plus chère, l’offre comprend un compte à vue, un compte d’épargne, une carte bancaire, une carte de crédit Mastercard Platinum (avec une ligne de crédit de 5.000 euros) comprenant des assurances étendues pour les voyages et les achats en ligne. Des comptes gratuits sont également proposés par des petites banques, le principe restant relativement identique : plus vous réalisez d’opérations vous-même via les guichets automatiques en agence, ou via les applications sur internet, et moins les services bancaires d’une banque vous coûteront cher. Ils sont globalement plus intéressants que les offres comparables sur le marché français, et il existe de nombreux comparateurs disponibles en ligne afin de comparer les offres des différentes banques.

 

10) Comment payer mon loyer, ma note de téléphone ou ma facture d’électricité ?

Le mode de paiement le plus courant est le virement bancaire, voire la domiciliation bancaire s’il s’agit d’un paiement que vous devez faire chaque mois. L’utilisation d’une domiciliation sera également favorisé par certaines compagnies (électricité, téléphone, etc) avec un tarif plus intéressant que si vous utilisez un virement normal, le fournisseur de service étant alors assuré de recevoir son argent à temps. Les factures moins régulières se règleront par l’utilisation d’un virement bancaire (national ou international). Diverses possibilités seront mises à la disposition des clients pour réaliser gratuitement ces virements : les guichets automatiques en agence, les services de banque en ligne, la banque par téléphone, etc. Se rendre au guichet pour réaliser un paiement sera lourdement tarifié à partir de la 12ème opération. Chez ING, ce tarif sera par exemple de 6,05 euros pour un versement national ou européen exécuté par l’agence ou par le conseiller de la banque par téléphone.

 

11) Quelles opérations faut-il éviter ?

Toutes les opérations qui nécessitent l’intervention manuelle d’un employé de banque feront l’objet d’une tarification extrêmement dissuasive, les banques belges ayant petit à petit poussé les clients à réaliser un maximum d’opérations de manière autonome. Chez BNP Paribas Fortis, le retrait d’argent au guichet sera ainsi facturé 0,3 euros, le remplacement d’une carte perdue ou volée vous coûtera 6,61 euros par carte, et les frais pour la personnaliser s’élèveront à 7,02 euros. Les chèques sont également devenus un moyen de paiement totalement désuet en Belgique, et ne sont plus vraiment utilisés que dans certaines transactions de taille importante, mais ils ne seront généralement plus acceptés dans les commerces. Mais ce sont surtout les opérations qui nécessitent des recherches documentaires qui feront l’objet d’une tarification extrêmement lourde, comme les relevés historiques d’opérations (7,5 euros par mois consulté), ou encore les copies de pièces comptables (6,25 euros). Et pour des recherches plus importantes, le tarif sera de 38 euros par heure passée par un membre du personnel. L’envoi régulier d’extraits de compte par la poste sera également lourdement tarifié, et d’autant plus si les extraits doivent être envoyés à l’étranger. Enfin, retirer de l’argent aux terminaux électroniques d’autres banques fera également l’objet d’une tarification, par exemple de 0,08 euro par opération chez BNP Paribas Fortis pour la carte bancaire de base, et de 4 euros + 1 % du montant retiré en cas de retrait réalisé avec la carte de crédit liée au compte à vue. Le compte à vue en Belgique ne coûtera donc pas cher à condition de faire le moins d’opérations possibles par le biais du personnel d’une banque.

 

12) Que dois-je savoir sur les différentes cartes bancaires proposées par ma banque ?

Toutes les formules de comptes à vue vont proposer par défaut une carte bancaire qui va permettre de réaliser la plupart des paiements en Belgique et dans l’Union européenne. Cette carte sera également utilisée pour valider les opérations dans les guichets électroniques de même que les opérations réalisées par internet. Elle servira également pour accéder aux guichets des agences en dehors des heures d’ouverture, et pour réaliser des retraits d’argent dans un autre réseau que celui de votre banque. Votre carte bancaire nécessitera l’utilisation d’un code personnel à quatre chiffres (appelé PIN pour Personal identification number). Dans les formules tarifaires plus évoluées, les clients auront également la possibilité de souscrire une carte de crédit (avec obligation de rembourser la note à la fin du mois) qui permettra de régler plus facilement les achats en ligne ou de faire facilement du shopping à l’étranger. Et dans les formules les plus chères, les clients pourront souscrire une carte de crédit avec possibilité de report du solde d’un mois sur l’autre, avec toutefois l’obligation de revenir en positif sur le compte une fois tous les cinq ans. Quelle que soit la carte (ou les cartes) que vous utilisez et la banque dont vous êtes client, la Belgique a mis en place depuis 15 ans un service d’appel national (Card Stop : 070/344344) permettant de bloquer très rapidement les cartes émises par une institution présente en Belgique. Il est toutefois conseillé de réagir rapidement, vu que vous pourriez être suspecté de négligence en cas de retraits effectués sur le compte à vue ou d’utilisation de la carte de crédit entre le moment du vol et le moment du contact avec le service Card Stop.

 

13) Est-il autorisé d’avoir un solde négatif sur son compte courant ?

Si le compte est approvisionné, il vous sera possible d’avoir un découvert bancaire de l’ordre de 1.240 euros, à condition toutefois que le compte sorte du rouge une fois tous les trois mois. Comme toute forme de crédit à la consommation, ce découvert ne sera pas gratuit, et constitue même une source de revenus très confortable pour les banquiers. De nombreux intervenants sont susceptibles de vous proposer un prêt à la consommation en Belgique, que ce soient des sociétés d’électroménager, des vendeurs de voitures ou des grandes chaînes de distribution. En principe, les prêteurs doivent faire preuve de prudence avant de prêter, et doivent donc consulter un fichier central appelé la Centrale des Crédits aux Particuliers (CCP) afin de vérifier que le particulier n’est pas en état de surendettement.

 

14) Quelle est l’offre bancaire sur internet ?

Toutes les banques proposent aujourd’hui gratuitement des services en ligne. C’est une des tendances lourdes de l’industrie bancaire belge de ces dernières années, et une des explications des différentes restructurations bancaires annoncées ces dernières années, la dernière en date étant la réduction d’effectifs annoncée au début octobre chez ING, et qui entraînera la fusion du réseau d’ING avec celui de Record Bank, et la suppression de 3.500 postes et des 600 agences en Belgique. En utilisant un smartphone, une tablette ou un ordinateur, il est possible de réaliser de son fauteuil toutes ses transactions courantes, et ce 24h sur 24, week-end et jours fériés compris. Ceci limite fortement le besoin d’avoir un réseau dense d’agences sur l’ensemble du pays, sauf pour réaliser certaines opérations (comme par exemple négocier un prêt hypothécaire). L’utilisation des services internet requiert généralement l’utilisation d’un petit appareil électronique appelé Digipass, qui permet de s’identifier et de sécuriser les transactions. Il existe également des banques qui n’offrent que des services en ligne, et qui n’auront donc pas de guichet à proprement parler.

 

15) Comment investir son patrimoine ?

S’adresser à son banquier sera une solution pour placer et investir son argent, mais les tarifs pratiqués par les banques belges pour acheter des actions en bourse seront souvent très élevés par rapport à ce qu’il est possible de trouver chez les courtiers ou chez les banques en ligne. Pour ce qui est des fonds de placement, les grandes banques belges proposeront généralement des fonds maison, c’est-à-dire ceux gérés par la société de gestion appartenant au même groupe (comme KBC Asset Management pour la Banque KBC ou BNP Paribas Investment Partners pour BNP Paribas Fortis), ou entretenant des relations historiques fortes (comme Candriam pour Belfius Banque, deux sociétés aujourd’hui indépendantes qui appartenaient autrefois au groupe Dexia avant son implosion). ING est actuellement la seule à proposer à tous ses clients des fonds de gestionnaires tiers (d’Amundi, d’Axa Investment Partners, de BlackRock ou de Franklin Templeton) à côté des fonds maison. Or, les fonds maison sont rarement les plus performants du marché, et le passage par un « supermarché » du fonds en ligne est souvent une étape obligée pour le particulier qui cherche à avoir accès aux meilleurs fonds disponibles. Les principaux courtiers et supermarchés en ligne sont :

• Deutsche Bank : deutschebank.be
• Keytrade : keytradebank.be
• Bolero : bolero.be
• BinckBank : binck.be
• Fortuneo : fortuneo.be
• Rabobank : rabobank.be
• MeDirect : medirectbank.be
• iDealing : idealing.com

 

16) Que coûte une transaction financière en ligne ?

Des sociétés comme BinckBank, DeGiro, Fortuneo, ou Keytrade trouvent leur origine dans les premiers services de courtage en ligne apparus à la fin de années 90, et qui pratiquent généralement un tarif de quelques euros pour acheter une position sur Solvay ou Total. Ce segment fait aujourd’hui face à des vents contraires très importants, causés par l’arrivée de groupes néerlandais (DeGiro) ou britanniques (iDealing) proposant des tarifs extrêmement bas, voire la gratuité pour certaines transactions. La mise en place d’une taxe sur la spéculation boursière au début 2016 a porté un autre coup aux courtiers en ligne, et poussé notamment Keytrade et Fortuneo à fusionner dans un futur proche. D’autres institutions (telles Deutsche Bank, MeDirect Rabobank) ont davantage axé leur offre en ligne sur les fonds de placement, en offrant une gamme étendue de produits à des conditions très avantageuses, dans de nombreux cas sans droits d’entrée. Ils permettent donc aux clients particuliers d’avoir pratiquement accès aux mêmes produits que ceux disponibles pour les clients des banques privées.

 

17) Comment choisir un fonds de placement parmi les nombreuses options disponibles en Belgique ?

Il existe à l’heure actuelle plus de 10.000 fonds de placement disponibles pour les aspirants investisseurs sur le marché belge, et opter pour l’un ou l’autre produit peut s’avérer être une tâche terriblement compliquée sans expérience préalable sur ces produits. L’avantage le plus évident d’un fonds de placement est de permettre de rapidement diversifier son portefeuille via différentes classes d’actifs / régions / secteurs, diversification qu’il sera nettement plus difficile à obtenir en constituant soi-même son portefeuille d’actions et d’obligations. Les produits traditionnellement proposés par les grandes banques seront rarement les meilleurs produits disponibles sur le marché, de sorte qu’un passage par un supermarché en ligne s’avèrera souvent une étape obligatoire si le client n’est pas déjà client d’un service de private banking, traditionnellement beaucoup plus ouvert aux produits des gestionnaires tiers. Le passage par un supermarché online permettra également de réduire sensiblement les frais. Afin de faire son choix, la lecture de la presse spécialisée (L’Echo, De Tijd, Trends Tendances) constituera une étape obligatoire, ces titres proposant des comparaisons régulières entre les différents fonds commercialisés en Belgique. La consultation d’un site tel que Morningstar, qui fournit ponctuellement des études sur les principaux fonds de placement commercialisés en Belgique, constituera également un passage obligatoire.

 

18) Dois-je acheter à tout prix un fonds bien noté sur Morningstar ?

Si les produits notés quatre ou cinq étoiles sur ce site sont généralement de très bons produits, il convient toutefois de rappeler que ces ratings restent basés sur des performances historiques, et ne sont donc en aucun cas une assurance de belle performance dans le futur. Ces dernières années, les clients se sont massivement dirigés vers des fonds mixtes flexibles (comme Carmignac Patrimoine ou DNCA Eurose), des produits qui peuvent changer rapidement leur allocation entre les principales classes d’actifs dans le but de protéger au maximum le patrimoine de leurs clients. Et le succès de ces formules s’est encore confirmé ces derniers mois, les principaux produits de cette catégorie ayant une nouvelle fois bien résisté aux conditions de marché plus houleuses depuis le début 2016.

 

19) De quel patrimoine mobilier dois-je disposer avant de faire appel à un banquier privé ?

Depuis quelques mois, des sites en ligne proposent aux clients de commencer à faire gérer leur avoirs mobiliers à partir de 10.000 euros sur base de contrats de gestion discrétionnaire. Il est encore toutefois beaucoup trop tôt pour pouvoir juger de la qualité de ces gestions, mais ils peuvent constituer une bonne alternative pour les clients qui ne disposent pas du volume d’épargne suffisant pour devenir client d’un banquier privé traditionnel, et qui n’ont pas de connaissances financières suffisantes pour investir seuls sur les marchés financiers. Les banquiers privés traditionnels auront pour leur part des tickets d’entrée qui dépasseront souvent 250.000 euros, les services les plus exclusifs n’étant pour leur part accessibles qu’à partir du million d’euros en patrimoine mobilier. Quant à savoir quel banquier privé choisir, certains se démarquent par la qualité et la prudence dans la gestion des avoirs de leurs clients, certains proposent ponctuellement à leurs client de souscrire à des produits exclusifs ou à des opérations sur les marchés financiers. Enfin, les plus grandes fortunes auront souvent plusieurs banquiers privés pour la gestion d’une partie du patrimoine sous le contrôle d’un family office.

 

20) Pourquoi recourir à un emprunt hypothécaire ?

L’achat d’un bien immobilier passera dans la plupart des cas par un crédit hypothécaire, en particulier s’il s’agit de la résidence principale et unique, ces produits bénéficiant encore d’un incitant fiscal de la part des autorités, même si la crise financière et la dernière réforme de l’État belge ont entraîné une diminution générale des avantages liés à ces emprunts. Un crédit hypothécaire sert à financer l’achat d’un immeuble ou sa rénovation, et entraîne une hypothèque du bien immobilier par le prêteur, qui peut ainsi faire saisir le bien en cas de défaut de paiement. L’achat de votre maison à Rhode-Saint-Genèse ou de votre appartement sur l’avenue Louise passera obligatoirement pas un passage devant un notaire belge, et par la signature d’un compromis de vente entre le vendeur du bien et l’acquéreur, qui aura ensuite 4 mois pour trouver le financement bancaire lui permettant de finaliser l’acquisition de son bien.

 

21) Est-il possible de négocier avec les banques ?

Les banquiers ne proposent pratiquement plus jamais des formules d’emprunt où il est possible d’emprunter la totalité du prix d’acquisition d’un bien immobilier. Très souvent, un important apport (typiquement 20 % du prix d’acquisition) sera exigé par le banquier avant qu’il ne vous accorde un financement. Plus l’apport que vous effectuez sera important, plus il vous sera possible de négocier des conditions favorables pour votre emprunt, et faire jouer la concurrence entre les différentes banques sera souvent une bonne idée. Quelques centièmes de pourcent de différence sur un emprunt hypothécaire pourront se traduire par des milliers d’euros de différence dans la somme que vous devrez rembourser sur la durée de l’emprunt. À noter que les banques offraient souvent des taux plus avantageux sur les crédits hypothécaires octroyés aux clients qui souscrivaient également leur assurance habitation et/ou leur assurance-vie par leur intermédiaire, mais cette pratique sera prochainement interdite (à partir du 1er décembre 2016), et le client sera désormais libre de prendre ses assurances dans une autre institution. Une des principales décisions liée à la souscription d’un emprunt hypothécaire sera de choisir une formule à taux fixe ou à taux variable. Le taux fixe donne l’assurance de rembourser le même montant mensuel sur l’ensemble de la durée de l’emprunt, et sera souvent plus élevé, à conditions égales, que le taux variable que vous pourriez obtenir. Mais si les taux obligataires venaient à remonter durant les prochaines années, la personne ayant souscrit un emprunt à taux variable verrait ses mensualités augmenter.

 

22) Est-il vrai que la Flandre est la plus avantageuse des régions au niveau fiscal ?

Les différentes réformes de l’État belge ont entraîné un déplacement progressif des compétences fiscales vers les régions, notamment au niveau des droits de succession et de donation, ou au niveau des incitants liés aux emprunts hypothécaires, de sorte que les trois grandes régions (Flandre, Wallonie, Bruxelles) se font aujourd’hui une concurrence fiscale de plus en plus intense. Si la Flandre est traditionnellement la première à prendre des initiatives révolutionnaires, comme récemment la diminution des droits de donation sur un bien immobilier ou la suppression du bonus logement, les autres régions ont également eu tendance à suivre les initiatives flamandes prises en matière fiscale. Mais la Flandre conserve encore un avantage fiscal indéniable, en particulier par rapport à la Wallonie. Au niveau des droits de succession, les patrimoines mobilier et immobilier sont taxés séparément en Flandre, ce qui permet de bénéficier à deux reprises des tranches les plus basses de l’impôt sur les droits de succession. L’habitation familiale sera également exclue du calcul, avec un taux marginal qui ne sera que de 27 % contre 30 % dans les autres régions du Royaume.

 

23) Est-ce que les assurances-vie remplissent le même rôle qu’en France ?

Pas du tout, et la plupart des banquiers privés belges vous conseilleront même de résilier vos contrats en France avant même de quitter l’Hexagone. Il n’y a en effet aucun avantage fiscal à détenir une assurance-vie en Belgique, celle-ci étant réintégrée au patrimoine lors du décès du souscripteur. Elle sera donc taxée au taux marginal de l’impôt sur les droits de succession (jusqu’à 27 % en Flandre et 30 % en Wallonie et à Bruxelles, pour des succession en ligne directe). L’assurance-vie à la belge est en fait une formule d’épargne de longue durée, qui permet d’obtenir un taux plus intéressant que sur le compte courant, à condition d’immobiliser ses primes pendant une période d’au moins huit ans. Investir dans une assurance-vie ou un produit d’épargne pension permet également d’obtenir un avantage fiscal de 940 euros au titre de l’exercice 2016, et de sortir sans imposition sur la plus-value réalisée au bout de 8 ans.

 

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