Voitures électriques et réseaux

Vendredi 3 août 2012 | Texte : David Leclercq

 Paru dans JV26, sept-oct 2011.

 

Voitures électriques et réseaux

 

Un futur automobile 100 % électrique pose encore de nombreuses questions comme l’approvisionnement ou encore l’obsolescence du réseau. Qu’en est-il pour la Belgique ?

 

La voiture électrique en progression

 

Certaines d’entre elles frappent déjà comme la Nissan Leaf ou le trio Mitsubishi i-MIEV, Peugeot Ion et Citroën C-Zero tandis que d’autres s’y préparent comme la Renault Fluence ZE.

Cela dit, le concept de la voiture électrique est loin d’être acquis, surtout en Belgique où les prévisions de vente ne sont pas folichonnes : alors que la France prévoit de faire circuler 100.000 véhicules en 2015 et 2 millions d’ici à 2020, la Belgique annonce péniblement entre 15.000 et 50.000 voitures électriques d’ici 2020.

Cherchez l’erreur ! Cette frilosité peut s’expliquer par de nombreux facteurs. Il y a tout naturellement la prudence des acheteurs, le problème des infrastructures de recharge (nombre de bornes) ou le prix d’achat élevé ainsi que la faiblesse des incitants fiscaux actuels. Mais pas seulement.

 

La capacité électrique de la Belgique en question

 

L’une des autres questions qui se posent est de savoir si la Belgique disposera de suffisamment d’électricité pour recharger toutes ces voitures. Apparemment oui, si l’on en croit Pierre Courbe, spécialiste de la question à la fédération Inter-Environnement Wallonie. Selon lui, dans le cas d’une électrification partielle du parc automobile, le surcroît de consommation se chiffrerait à 1 ou 2 %, soit une valeur tout à fait gérable pour les opérateurs.

C’est du reste ce que les autorités françaises prévoient également de leur côté : une hausse de la demande de 1 à 2 % pour un total de 2 millions de véhicules à recharger. Cela dit, si le volume d’électrons ne semble pas constituer un frein au développement de la voiture électrique, l’heure de la recharge pourrait quant à elle être à l’origine de quelques sérieux courtscircuits.

En effet, si la recharge des voitures vient se superposer à la demande actuelle en périodes de pointe (12h-19h), cette situation nécessiterait de mettre en marche toutes les unités de production du pays et donc aussi les très néfastes centrales au gaz ou – pire – au charbon très émettrices de CO2. Or, il va de soi que l’utilisation d’une voiture électrique n’a véritablement de sens que si l’on y stocke de l’électricité décarbonée.

Dès lors, et toujours selon Pierre Courbe, la seule solution serait de décaler la charge des véhicules en dehors des pics de demande. Techniquement, l’opération est d’ailleurs tout à fait possible puisqu’il suffirait d’un simple programmateur,  un peu comme cela existe déjà pour les boilers ou les machines à café.

Dans ce contexte, on pourrait dès lors imaginer que le moment idéal de charge se situerait plutôt la nuit étant donné la faible demande à ces heures. En fait, c’est un peu plus compliqué que ça parce que la nuit, on privilégie alors les centrales nucléaires qui sont certes peu émettrices de CO2, mais dont le fonctionnement repose sur des combustibles fossiles – donc limités. Et comme la réputation de ces centrales en matière de dangerosité n’est plus à faire... La vraie solution est donc une nouvelle fois à chercher ailleurs et notamment du côté des énergies renouvelables, les seules sources d’énergie qui nous garantiront des transports propres. Toutefois, comment conjuguer efficacement un approvisionnement sûr et l’aspect peu prédictif des sources renouvelables (soleil, vent…) ?

 

Le réseau éléctrique intelligent de Siemens

Siemens expérimente depuis quelque temps déjà un Smart Grid, c’est à dire un réseau électrique intelligent qui dialogue avec les appareils qu’il alimente.

Ainsi, un lave-vaisselle pourrait par exemple se mettre en marche lorsque le compteur électrique le lui autorise, c’est-à-dire lorsqu’il juge que le réseau dispose d’électricité en suffisance. Et ce pourrait être pareil pour la voiture : sa charge s’effectuerait lorsque l’électricité est la plus disponible sur le réseau.

Au QG de Siemens, le projet Volt-Air illustre parfaitement cette approche réaliste. Les batteries de 10 Smart électriques sont alimentées par des panneaux photovoltaïques et elles se rechargent en fonction de l’ensoleillement.

En cas de non ensoleillement, pas de panique, votre voiture sera toujours prête à partir. Elle se rechargera directement sur les sources d’énergies classiques et il faudra simplement lui spécifier à quel moment elle devra être disponible et avec quel pourcentage de charge. Facile, non ?

Et il y a encore mieux : à terme, ce réseau intelligent pourrait peut-être même utiliser l’énergie stockée dans les batteries des voitures électriques non utilisées pour faire face aux pics de consommation. Certes, cette dernière perspective est encore très hypothétique, en particulier parce que les batteries gèrent encore mal les cycles répétés de charge/décharge, mais l’avenir n’est-il pas passionnant ?

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