« Beyond the Imaginary Line » à la Galerie Z22, Berlin, exposition de la célèbre photographe Stéphanie Cornfield

Du mardi 7 septembre 2021 au vendredi 19 novembre 2021 | Texte : Floriane Henriquet, Photos : (Crédit : Stéphanie Cornfield)

Artiste photographe Stéphanie Cornfield nous emmène en Inde découvrir une des traditions indiennes les plus partagées. La Kumbh Mela (fête de la jarre sacrée) est le plus grand rassemblement pacifique de pèlerins au monde. Stéphanie vit alternativement en Europe, aux Etats-Unis et en Asie. Dans son centre d’intérêt actuel, l’Inde, elle a photographié la Kumbh Mela, la rencontre des Saddhus, les hommes sacrés du pays. Son magnifique reportage sera disponible à Berlin du 11 Septembre au 13 Novembre 2021. Si vous hésitiez encore à partir en citytrip à Berlin voici une très bonne raison de vous lancer !

 

 

 Qu’est ce que la Kumbh Mela? 

La "Maha Kumbh Mela", qui a démarré à la mi- janvier et s'achève début mars, se tient tous les douze ans à Allahabad et rassemble sur toute sa durée (55 jours) une centaine de millions d'hindous, faisant de ce festival le plus vaste au monde. 

Des millions de personnes s’y rendent, indépendamment de leur caste, leurs croyances ou leur genre.  Ascètes, hommes saints, sadhus, aspirants kalpavasis et visiteurs s’y rassemblent. 

A l’occasion la population de la ville Allahabad peut enfler jusqu'à 40 millions de personnes, contre 1,2 million en temps normal. C'est là que se trouve le Sangam, lieu de pèlerinage à la confluence du Yamuna, du Gange et du Saraswati.

Des millions de pèlerins hindous se rassemblent sur les rives du Gange, lors de la journée jugée la plus propice du plus grand festival religieux au monde, ils se baignent dans le Gange pour la Kumbh Mela.

Des gourous au corps recouvert de cendres conduisent les millions de pèlerins vers les eaux, avant l'aube, pour un bain censé laver des péchés. Les croyants lavent leurs péchés et espèrent se libérer du cycle sans fin des réincarnations 

La Kumbh Mela joue un rôle spirituel central dans le pays. Elle exerce une influence magnétique sur les Indiens ordinaires. L’événement associe astronomie, astrologie, spiritualité, traditions rituelles, coutumes et pratiques culturelles et sociales, qui en font une manifestation riche en connaissances.

Organisé dans quatre villes différentes en Inde, l’événement comporte différentes activités sociales et culturelles, ce qui en fait un festival varié sur le plan culturel. La transmission des connaissances et des savoir-faire liés à cette tradition est assurée par les anciens manuscrits religieux, les traditions orales, les récits des voyageurs et les textes écrits par d’éminents historiens. 

 

mescaline.jpgStéphanie pourquoi as-tu choisis de travailler sur ce festival?

"Il s’agit d’un des festivals les plus grands du monde. C’est une manifestation extraordinaire, un pèlerinage humain fascinant et visuellement fort. 

Il se dégage une atmosphère particulière et intense. Plus de 20 millions de personnes se rassemblent. C’est impressionnant, magique, il y a une énergie forte. 

Les pèlerins viennent pour se concentrer sur leur vie intérieure. Il y a une véritable renonciation matérielle. Un refus de porter des vêtements, et tout accessoires “modernes” comme une paire de tennis par exemple. "

Stéphanie nous raconte une anecdote de reportage:

Pour pouvoir accéder aux lieux de cultes, Stéphanie devait porter la tenue traditionnelle or elle portait également une paire de tennis. Un naga sadhu (holy person) lui a alors demandé de les retirer, une personne devait les garder durant la manifestation or elle n’a plus jamais retrouvé cette personne et elle a fini son reportage en chaussettes ! 

(Mescaline, Stéphanie Cornfield)

 

 

Moksha.jpg
Pourquoi choisir de montrer la mort ?  

"La mort fait partie de la vie, elle est présente et importante en Inde puisque c’est le début d’une deuxième vie qui commence. "

Stéphanie a fait le choix de travailler toujours de nuit, elle apprécie énormément ce côté mystique, presque énigmatique et mystique de la photographie en basse lumière. 

Une photo centrale d’un enterrement à Varanasi peut être prise de manière controversée, car certaines personnes trouvent irrespectueux la photographie des morts.

Pour elle,” l’image donne un sentiment de paix, car la mort fait partie de notre vie. Dans la religion hindoue, la vie est l’introduction à la mort, perçue comme la libération de l’âme. C’est ici que la vie rencontre la mort. C’est sur ce Ghat que l’on célèbre la mort, un rituel paisible et insolite du bonheur avec un chant émouvant. “

(Moksha, Stéphanie Cornfield)

 

 

 

Suspended.jpgVoyages-tu avec ta propre équipe?

Généralement Stéphanie n’est pas accompagnée lorsqu’elle part en reportage, elle rencontre des locaux sur place, avec qui elle sympathise et passe des moments privilégiés. 

Petite anecdote:

Stéphanie habitait dans un centre de recherche, elle a demandé à un des cuisiniers de l’accompagner au pèlerinage car elle souhaitait faire des images à l’aube. Elle nous explique qu’il vaut mieux toujours être à deux à ce moment du pèlerinage car une brume épaisse est présente et il est impossible de voir clairement. En offrant une cigarette au cuisinier, il lui a donné la main, chose peu courante en Europe. 

Il faut savoir qu’en Inde il s’agit d’une marque d'affection et d’amitié. 

(Suspended, Stéphanie Cornfield)

 

 

Before the after.jpg 
Quel est selon toi, l'atout majeur d’un bon photographe?

"La patience...

La photographie, c’est savoir attendre le moment propice. Attendre une lumière particulière ou un mouvement précis. Parfois il faut aussi attendre dans le froid mais cela en vaut la peine. Je pense et construis mes images comme un tableau."

Stéphanie attend jusqu’à avoir le cliché idéal. Before the After, dans le cadre de la prochaine exposition « Beyond the Imaginary Line » à la Galerie Z22, Berlin.

(Before the after, Stéphanie Cornfield)

 

 

 

 

 Raw Riders.jpgEn parlant d’attendre.. Quels sont tes projets futurs ?

Stéphanie aimerait augmenter son travail en s'intéressant cette fois aux sons de cette procession. Elle aimerait enregistrer et retranscrire les sons d’ambiance du festival.

Afin d’ajouter une dimension à son exposition, pour faire gagner en hauteur et en profondeur ce reportage. Être dans le «rassemblement incroyable» était une «expérience frappante, voir le rituel, ressentir l’ambiance, entendre des sons de transe». Elle voudrait pouvoir le partager. 

(Raw Riders, Stéphanie Cornfield)

 

 

 

 

 

 

stephanie.jpg

Portrait de Stéphanie Cornfield par Marco Pancrazi

Infos expo: Une sélection de 26 photographies « Beyond the Imaginary Line » 

Dates: Du 11 septembre au 13 novembre.

Lieu: Berlin (à la Galerie Z22 de Berlin)

Infos galerie:

Site: http://www.galerie-Z22.com/

Tel: +49 30 88676722

Mail: info@galerie-z22.com



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