Lyon, l'art de vivre à la française

Le lundi 31 mai 2021

Au confluent du Rhône et de la Saône, la capitale des Gaules, de la soie et de la gastronomie possède une histoire dense et un patrimoine architectural riche. Visiter Lyon, cest plonger dans 2000 ans dhistoire. Une ville qui a su conserver son charme dantan,tout en ayant un pied dans le futur...

 

Tout commence sur la colline de Fourvière. La cité, fondée ici en 43 av. J.-C.,deviendra capitale des Gaules sous lempire romain. De nos jours, on peut encore déambuler sur ses pentes au milieu de vestiges antiques (un odéon et un théâtre de 10.000 places). Juchée sur la colline, la basilique de style néo-byzantin (1884) veille sur la ville. La vue depuis lesplanade y est spectaculaire! Tout Lyon se déroule devant vous et, par beau temps, jusquau Mont-Blanc. A vos pieds, se blottit le Vieux-Lyon autour de ses trois clochers et coincé au bord de la Saône. Il faut flâner dans ce dédale de ruelles parfois moyenâgeuses pour admirer les hautes maisons aux façades colorées et patinées des 15e et 16e siècles. Curiosité locale à ne pas rater, les « traboules » (passages piétons charmants à travers des cours dimmeubles qui permettent de se rendre directement dune rue à une autre) qui se cachent souvent derrière des portes anodines et connues des seuls initiés. Vous êtes aussi ici dans lun des plus vastes ensembles Renaissance dEurope qui illustre une période florissante de la cité grâce au commerce et au monde la finance. Fauchée économiquement par les guerres de religions, elle va reprendre du poils de la bête grâce à une chenille: le vers à soie ! François 1er accorde un monopole royal au textile naturel et lessor économique qui sen suit va durer trois siècles. Les soieries locales vont tourner à plein régime et vont fournir les plus grands de ce monde, de la cour de Versailles jusquen Russie avec Catherine II! A la fin du 19e siècle, on dénombre jusqu’à 125.000 métiers à tisser.

 

Les soyeux lyonnais vont connaître leur heure de gloire jusque dans les années 1930. Ils ne sont plus aujourdhui quune poignée... Concurrence chinoise oblige! Cette industrie a marqué profondément la ville jusqu’à configurer un quartier: la Croix-Rousse. Les ateliers ont façonné les immeubles avec des grandes fenêtres lumineuses et des hauteurs de plafond conséquentes pour accueillir les grands métiers Jacquard des canuts (ouvriers de la soie). Ancien quartier populaire en voie de gentrification, il accueille désormais des boutiques de créateurs, des galeries et des œuvres de street art. Avant de basculer vers le cœur de la ville, autrement dit la Presqu’île et sa Place Bellecour (la plus grande dEurope à la fin du 17e siècle) imprégnée du siècle des Lumières et des deux Empires, allez faire un détour par la fresque des Lyonnais où les personnalités illustres de la ville se pavanent sur 800 m2: lempereur Claude, les frères Lumière, Bertrand Tavernier, Paul Bocuse... Cet illustre grand cuisinier clamait dailleurs que « Lyon est une ville qui donne faim ». Et pas seulement à cause de lexploration pédestre de ses 3 collines, ses nombreux recoins, ses musées, ses quais... mais aussi en raison de ses nombreuses tentations gastronomiques. Vous êtes ici dans un bastion de la bonne chère et cela depuis la fin du 19e siècle avec les « mères lyonnaises ». Ces anciennes cuisinières des maisons bourgeoises qui se mirent à leur compte et lancèrent la destination auprès des bons vivants. Avec plus de 3500 restaurants, ses chefs étoilés, ses produits du terroir (volailles de la Bresse, gibier de la Dombes, vins du Beaujolais, légumes et fruits de la vallée du Rhône...), le choix est vaste et parfois difficile. Pâté en croûte? Saucisson brioché ? Quenelles sauce Nantua? Tarte à la praline? Ou pour les plus audacieux ou les plus curieux un Jésus de Lyon, un tablier de sapeur ou une cervelle des canuts à déguster dans un restaurant traditionnel local, un « bouchon »…

 

Compte tenu de ces strates architecturales et de leur richesse, lUnesco ne sy est pas trompée en inscrivant, en 1998, presque 500 ha (10 % de la surface totale de Lyon) au Patrimoine mondial de lhumanité ! Ce qui a donné limpulsion nécessaire au renouveau de la ville et de son attrait touristique, avec une politique de grands travaux, une rénovation totale de la vieille ville, la réappropriation des quais par les locaux, avec désormais des pistes cyclables, des péniches-restaurants, des bars flottants, un parcours dart contemporain et même une piscine. Au tournant de ce siècle, on a aussi lancé la réhabilitation et la mutation de la Confluence (ancienne zone industrielle de 150 hectares), avec, en particulier, la construction de son musée éponyme. Dans cet écoquartier, les architectes ont façonné le nouveau visage de la ville. Elle devient contemporaine, colorée et avant-gardiste à limage du Cube vert et du Cube orange de Jakob + MacFarlane ou des pointures comme Jean-Michel Wilmotte, Rudy Ricciotti, Odile Decq, Christian de Portzamparc, Massimiliano Fuksas... Après le bonheur des papilles, le bonheur esthétique perdure avec le plaisir des yeux !

 

Nos bonnes adresses

RESTOS ET BARS 

Le Grand Réfectoire

Au cœur du Grand Hôtel-Dieu, « Le Grand Réfectoire » a pris possession fin 2018 de lancien réfectoire des sœurs. Vous êtes ici dans une salle voutée bicentenaire et classée monument historique pour goûter une cuisine élaborée par Marcel Ravin (1 étoile Michelin à Monaco). Menu déjeuner bistronomique à 25 € (3 plats) qui fait du bien aux papilles et au porte-monnaie! Si le cœur vous en dit, basculez dans le bar à cocktails confidentiel à l’étage (LOfficine).

3 cour Saint-Henri (Grand Hôtel-Dieu),

tél : 04 72 41 84 96, site: legrandrefectoire.com. Brasserie ouverte tljs de 8h30 à 22h30. 

Tête dOie / Le Bistrot 

Nichés sur les hauteurs de Fourvière, les deux restaurants de Christian Têtedoie (Meilleur Ouvrier de France) vous surprendront agréablement par leur cuisine mais aussi par leur coté tendance : architecture moderne, œuvres dart contemporaines et meubles design de Jean-Marie Massaud, Hannes Wettstein et Marcel Wanders. Direction le bistrot sinon laddition au restaurant gastronomique (1 étoile Michelin) risque d’être plus conséquente... Pour 32 € (entrée, plat, dessert), tous les jours de lannée, midi ou soir (ou 22 € uniquement pour le déjeuner en semaine), vous pourrez goûter à cette référence gastronomique locale avec en prime une vue à couper le souffle sur toute la ville !

4 rue Professeur Pierre Marion, tél: 04 78 29 40 10, site: tetedoie.com/bistrot.

Les Muses

Au 7e étage de lOpéra (rénové par Jean Nouvel en 1993) se loge un bar et sa terrasse panoramique. Le lieu initialement éphémère est devenu pérenne grâce au succès de ce rooftop accessible uniquement par son ascenseur privatif! Il faut avouer que la vue sur lHôtel de Ville et les toits du quartier est particulièrement agréable à la tombée de la nuit. A lombre des statues des huit muses de lAntiquité grecque (1863), venez boire un côtes du rhône ou un condrieu ou grignoter de la charcuterie locale, un œuf mimosa ou quelques lichettes de fromage. On vient soit y refaire le monde ou sinterroger sur labsence de la 9e muse, Uranie (la muse de lastrologie).

1 place de la Comédie, tél: 04 69 85 54 54, site: opera-lyon.com.

Lu-je 18h-23h30, ve-sa18h-0h30.

Daniel et Denise

Vous êtes ici dans un authentique et chaleureux bouchon lyonnais décoré de cuivre, boiseries et nappes à carreaux. Le chef Joseph Viola a repris avec sa femme cette institution de la cuisine canaille en 2004. Il sest mis au service de la tradition avec son savoir-faire de Meilleur Ouvrier de France. Pour vous mettre leau à la bouche: bouchées à la reine, salade de ris dagneau et jus persillé, omelette du curé aux écrevisses... Fort de son succès, il a ouvert deux autres établissements à Lyon.

156 rue de Créqui, tél: 04 78 60 66 53, site: danieletdenise.fr.

HOTELS

InterContinental Lyon-Hotel Dieu

Sur les bords du Rhône, lhôtel se love au sein de lemblématique Grand Hôtel-Dieu. Cet ancien hôpital (en fonction jusquen 2010) que dirigea un temps François Rabelais et redessiné au 18e siècle par larchitecte Jacques-Germain Soufflot (celui du Panthéon à Paris) ferma définitivement ses portes en 2015 pour 4 années de travaux. A la réouverture de ce monument historique, on y trouve entre autres ce majestueux 5 étoiles (144 chambres dont 34 suites) au luxe sobre décoré par larchitecte dintérieur Jean-Philippe Nuel. Un must: boire un verre au bar « Le Dôme », le plus chic de la ville, sous une coupole de 32 mètres de haut ! 

20 quai Jules Courmont, tél: 04 26 99 23 23, site:lyon.intercontinental.com.

tel de labbaye

Situé en plein cœur de la presqu’île de Lyon, lHôtel est un lieu intimiste et cosy installé dans un ancien presbytère néo-Renaissance devenu une école publique au début du 20e siècle. La décoration, à la fois sobre et colorée, a été pensée par les décorateurs lyonnais de la Maison Hand dans un esprit mêlant des pièces au design contemporain et dautres vintage. Ouvert en 2019, ce boutique-hôtel 4 étoiles offre 21 chambres sur 3 niveaux. Le propriétaire, Arthur Laeuffer, vous reçoit un peu comme chez lui! Le restaurant « LArtichaut » de 45 couverts propose une délicieuse cuisine de marché.

20 rue de lAbbaye dAinay, tél: 04 78 05 60 40, site: hotelabbayelyon.com.

Mama Shelter

Comme toujours, le groupe hôtelier Mama Shelter sinstalle dans un quartier populaire et un peu excentré. A deux minutes du métro Jean Macé, ce refuge urbain pour bobos a ouvert en 2013 et propose 156 chambres se déclinant en 5 catégories dont certaines avec une kitchenette. Le concept conçu par le designer Philippe Starck sillustre par une décoration insolite et un joyeux fouillis composé dun baby foot, bouées gonflables, iMac en libre service, lampes de chantier... Le tout avec murs en béton brut à tous les étages et un plafond couvert de graffitis au rez-de-chaussée avec un bar convivial qui trône au milieu. Bref, du rigolo et design pour un refuge urbain à prix attractif ! 

13 rue Domer, tél: 04 78 02 58 00, site:  mamashelter.com/lyon.

SHOPPING

Les Puces du Canal

Installé à Villeurbanne (banlieue lyonnaise) depuis la fin du siècle dernier (1995), vous êtes dans le second plus grand marché aux puces de France! Ce temple (intérieur et extérieur) de la chine vient de lancer le salon mensuel de la friperie tous les premiers samedis du mois. Pour vous requinquer, faites une halte sur place à la guinguette... et noubliez de faire un tour à Villeurbanne qui vient d’être désignée première « Capitale française de la culture ».

rue Eugène Pottier, tél: 04 69 85 66 28, site: pucesducanal.com. Je, sa: 7h-13h et 15h di.

Le bois debout

En plein quartier Saint-Jean, la galerie 

« Le bois debout » propose depuis 1995 une multitude de gravures anciennes et de lithographies originales à tous les prix. Les curieux trouveront forcement leur bonheur parmi les 2000 estampes parfaitement classées par thème : mode, médecine, japon, botanique... Coup de cœur pour les vues de Lyon à toutes les époques qui feront des cadeaux originaux.

34 rue Saint jean, site: leboisdebout.com. Tljs 10h-19h.

Cica Gomez Ceramics 

Non loin du village des créateurs du passage Thiaffait se situe latelier-boutique de Cica Gomez (43 ans). Suite à une reconversion professionnelle, cette céramiste qui a du caractère façonne des objets du quotidien aux lignes épurées et ergonomiques. Ces splendides céramiques contemporaines se retrouvent dailleurs à vendre jusqu’à Copenhague ou New-York. Elle propose aussi des stages de poterie de 2 jours ou plus...

19 rue René Leynaud, tél: 06 33 77 34 25, site: cica-gomez-ceramics.com.

À VOIR 

Musée dart contemporain de Lyon (MAC)

Au sein de la Cité Internationale et en face du Parc de la Tête dOr se trouve le MAC, conçu par Renzo Piano et inauguré en 1995. Le visiteur est accueilli à lextérieur par des œuvres étonnantes de Huang Yong Ping, Robert Combas, Erwin Wurn... Et derrière la façade des années 30, se cache un espace totalement modulable de 3000 m² étalé sur trois étages. Malgré son fond dun millier d’œuvres, le musée ne monte que des expositions temporaires (entre 5 et 10 par an) avec des scénographie spécifiques pour chacune. Expositions notables: Andy Warhol, Keith Haring, Ben, Yoko Ono... Cette année, il accueillera - une fois encore - la Biennale dArt Contemporain, 16e édition... 

81 quai Charles de Gaulle (Cité Internationale), 

tél: 04 72 69 17 17, site: mac-lyon.com. Me-di uniquement lors des expos de 11h à 18h. 

Musée des Confluences

Situé à la rencontre du Rhône et de la Saône, le bâtiment conçu dans un style déconstructiviste par lagence autrichienne Coop Himmelb(l)au surprend par son audace... et son coût: 330 millions deuros, soit plus de 5 fois le coût initial.Son aspect de vaisseau futuriste en inox ne laisse personne indifférent et a été le point de départ du renouveau du quartier! Ouvert depuis 2014, le musée des Confluences se veut à la confluence des savoirs à travers des expositions permanentes et temporaires qui racontent lhistoire de lHomme et du vivant à travers ses collections dhistoire naturelle et danthropologie constituées de 2 millions dobjets.

86 quai Perrache, tél: 04 28 38 12 20, site: museedesconfluences.fr.

Lugdunum

Inauguré en 1975, le musée gallo-romain de Fourvière et de la civilisation romaine rebaptisé en 2017 Lugdunum frappe tout dabord par son architecture osée mais encore très actuelle. Elle lui a valu de bénéficier du label “ Patrimoine du 20e siècle ”. Conçu par larchitecte Bernard Zehrfuss (celui du CNIT à La Défense), ce musée archéologique quasi-souterrain est donc invisible de lextérieur. A lintérieur, pas de salles cloisonnées mais un parcours le long dune rampe hélicoïdale en béton brut ponctuée de paliers sur 4000m2. On sy émerveillera devant une débauche de magnifiques mosaïques, sculptures, sarcophages, bijoux, céramiques...

17 rue Cléberg, tél: 04 72 38 49 30, site:  lugdunum.grandlyon.com.  

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