Claude Rebold, l’architecte des jardins

Paru dans JV12, avril-mai 2009 | Texte : Alain Lefebvre, Photos : Serge Anton

 

Claude Rebold, l'architecte des jardins.


Cela fait quasi deux ans que Claude Rebold a passé le cap des cinquante ans de Belgique. Ce Lorrain retraité mais toujours actif parle avec passion de son métier, qu’il exerce encore pour des proches, et de l’amitié francobelge qu’il incarne sans réserve.

 

Diplômé de l’École des Beaux-Arts de Nancy en 1955, il est nommé, la même année, professeur en Arts Appliqués dans l’établissement qui l’a formé. C’est en 57 que l’École des Beaux-Arts reçoit une lettre d’une grande firme américaine à la recherche d‘un élément susceptible
de diriger un département «décoration » qui se crée à Bruxelles. Le directeur de l’école pense à Claude Rebold, attiré par l’offre et la fonction. Le voilà donc qui fait le voyage à Bruxelles… et y reste. «Nous étions à la veille de l’Exposition Universelle de 58 et
Bruxelles était loin d’être triste… Il y régnait une ambiance joyeuse et bon enfant et le Français que j’étais a vite été adopté .» Claude Rebold se souvient qu’il a « trouvé des connivences, rencontré des collectionneurs éclairés et discrets, amateurs de toiles d’avantgarde,
faisant des choix éclectiques et possédant ce côté sous-jacent surréaliste qui pointe toujours son nez, tant au nord qu’au sud du pays, par-delà les clivages linguistiques ». Il se souvient aussi de ces réceptions au Bar Martini, lieu de rendez-vous de personnalités
hors normes.

En 1965, il rencontre un architecte paysagiste diplômé du Japon, avec lequel s’engage une collaboration qui durera vingt-deux ans. Là, le talent de Claude Rebold peut s’exprimer et s’épanouir. Il concevra et réalisera au cours de cette période de grands espaces verts,
des jardins, des pièces d’eau, des compositions minérales monumentales dans lesquelles il intégrera des oeuvres d’art, des sculptures de Tinguely, de Niki de Saint Phalle ou de Pomodoro. Il réalisera des chantiers dans le monde entier, des Etats-Unis à l’Arabie, en
passant par la France ou l’Afrique, sans beaucoup se poser dans sa Belgique d’adoption.

L’homme se souvient avoir quitté Copenhague par -20°C pour se retrouver à Abidjan quelques heures plus tard par +30°C.

En 1987 il crée sa propre société et se pose un peu en Belgique où il concevra et réalisera, souvent avec l’architecte Marc Corbiau, d’innombrables jardins salués par la bibliothèque René Péchère. Aujourd’hui encore, par passion, Claude Rebold réalise des jardins
pour ses amis. Il vient d’en terminer un en Colombie, délaissant pour quelque temps la pierre bleue dont il aura été l’un des utilisateurs les plus créatifs et les plus exigeants, pour la brique. « Il faut utiliser les matériaux de la région, créer sans plagier, mais respecter
les traditions locales.» Ce génie de l’espace et des volumes ne savait pas ce qu’il « allait faire de son habileté ». On sait maintenant qu’elle servit de socle à son talent.

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