Claire de Kerautem, "1Toit2ages"

Paru dans JV 53 | Photos : Mireille Roobaert

Mettre en relation des jeunes à la recherche d’un logement et des seniors à partir de 50 ans disposant d’une chambre libre pour la période universitaire, telle est la vocation de l’ASBL "1Toit2ages".

Fille de diplomate, Claire de Kerautem a grandi dans un environnement international jusqu’à l’âge de 18 ans. De retour en France, elle démarre une carrière d’enseignante en langue anglaise tout en élevant ses cinq enfants. L’expatriation de son mari à Bruxelles il y a neuf ans lui donne l’occasion de retrouver un peu de son enfance cosmopolite et d’envisager une reconversion professionnelle. Il lui tient désormais à cœur de perpétuer ses qualités humaines autrement que par le savoir.

Après avoir consacré du temps aux enfants, pourquoi ne pas venir en aide à leurs aînés ? Nous sommes en 2008 et l’habitat intergénérationnel se développe en France. La Belgique accueille de plus en plus d’étudiants dans ses villes universitaires et Claire pressent une pénurie de logements.

Une rapide étude de marché confirme ses intuitions. Sa rencontre avec le bourgmestre d’Etterbeek est décisive. Elle le convainc d’organiser une conférence de presse à la commune et obtient 2.000 € de subventions pour démarrer l’ASBL. « 1toit2ages » voit le jour en juillet 2009. Le succès est immédiat. À partir de 2012, l’association obtient de nouvelles aides de la ville de Bruxelles puis de la Wallonie et d’autres régions ou villes suivent.

Des antennes s’ouvrent à Liège, Louvain-la-Neuve, Namur, Mons, etc. L’objectif est simple : mettre en relation des personnes seules à partir de 50 ans, bien portantes et disposant d’une chambre libre, avec des étudiants à la recherche d’un logement pour l’année universitaire. Claire surnomme ces couples atypiques « les binômes ». 1.600 binômes se sont succédé depuis le lancement de l’ASBL. En 2015, 160 cohabitent à Bruxelles et 280 sur toute la Belgique. Un binôme dure en moyenne deux ans.

Selon Claire, le secret du succès de 1Toit2ages repose sur la sélection des candidats : « La demande de logement étant supérieure à l’offre, nous pouvons nous permettre une sélection rigoureuse, les étudiants nous contactent généralement suite à une cohabitation en kot malheureuse ou accompagnés de leurs parents quand il s’agit d’une première année universitaire. » Côté hébergeurs, ils se présentent spontanément pour compléter leurs revenus ou avoir une présence chez eux et sont fidèles à l’association depuis le début. Leur nombre progresse environ de 30 % par an. Le loyer démarre à 180 € en échange de petits services rendus et ne dépasse pas 300 € (sans services) soit une économie de plus de 30 % pour un étudiant comparé à une location classique en kot. C’est donc un duo gagnant sur tous les tableaux. « Je me sens utile, je fais des rencontres exceptionnelles et c’est une vraie leçon de vie. » Claire ne compte pas s’arrêter là, tout en privilégiant la qualité à la quantité.


Site : 1toit2ages.be, tél : 0475 93 28 28, mail : direction@1toit2ages.be.

Articles associés

+ d'articles associés

Inscrivez-vous à nos newsletters

Recevez deux fois par mois nos bons plans et idées pour vos week-ends !

JV en kiosque - Abonnement

Déc.-Jan. 2018

couvJV64mini
  • Enquête généalogie: vos ancêtres sont-ils Belges ?
  • Bonnes adresses : les meilleurs traiteurs à domicile
  • Redécouvrir le centre de Bruxelles
  • La danse en Belgique
En vente chez votre libraire le 7 décembre 2017.

L'agenda

Do you speak belge?

Quelques expressions belges et leur explication :

  • « Casse...tête »

    Casse...tête

    Qu’est-ce qu’un gendarme couché, qu’est ce qu’un dos d’âne, qu’est-ce qu’un ralentisseur ? En Belge c’est un cassevitesse. À ne pas confondre avec le cassis, qui trouve aussi ses racines dans « casser » mais désigne des deux côtés de la frontière plutôt un
    creux qu’une bosse. Quelle qu’en soit la dénomination, la multiplication de ces empêcheurs de rouler à fond finit par nous les casser… Les oreilles bien entendu.

  • « Rez »

    ... il est de chaussée, comme en France.

  • « Durum »

    Il semblerait que le Turc belge ne s’exprime pas comme le Turc français : l’appellation Kebab qui orne le fronton du snack turc de France est ici remplacé par Durum