Olivier Theyskens

Paru dans JV 58 - déc/jan 2017 | Texte : Elisabeth Clauss

Le Petit Prince de la mode belge est né à Bruxelles, et c'est là, à la prestigieuse école de La Cambre, qu'il a étudié le stylisme, après en être tombé amoureux à l'âge de 19 ans. Tous les dix ans, son tempo intime à lui, il enclenche une nouvelle étape de son destin. Fonder sa propre maison, c'est un peu sa très « productive crise créative » de la quarantaine.
Juste après son départ de Theory en 2015, il a initié le processus d'élaboration d'une nouvelle collection en nom propre. À ce jour, Olivier Theyskens autofinance sa maison. De grandes réalisations mais une petite équipe : ils ne sont que quatre collaborateurs au studio. Ensemble, ils élaborent un prêt-à-porter de luxe, à mi-chemin avec la haute couture. Beaucoup de constructions sont réalisées à la main, et les pièces sont conçues en Italie, par des fabricants de prêt-à-porter de luxe. En septembre dernier à Paris, Theyskens a présenté cette ligne hors tendances, en tout petit comité – seulement 80 invités triés sur le volet – dans son showroom.
Cette collection traduit une volonté d'ancrer dans le présent un univers nourri de références historiques qui font sens avec son goût des réminiscences. Des sensations fugaces, comme l’image de jeunes filles dans Gigi de Cecil Beaton, mais qui pour autant, ne font pas toute l'essence de la collection. Dans le message comme dans le tissage, Olivier Theyskens porte une attention particulière à l'intérieur et à la structure de ses vêtements. Chaque silhouette est composée d'un nombre étonnant d'empiècements, les structures sont ultra travaillées. Chaque détail emporte l'élégance de l'ensemble, comme l'intérieur d'un manteau, doublé du même tissu qu'une robe assortie. C'est une ligne élégante et transversale, doublée de culture, pour travailler la journée et filer à un cocktail en soirée.
Avec ses vêtements comme des langages de peau, le créateur confronte nos émotions à ses intentions : « Certaines pièces, avec une touche plus rétro, me rappellent mes racines normandes du côté de ma mère : j'ai utilisé du tartan français, dessiné des robes manteaux, cousu de la dentelle. C'est une esthétique début du XXe siècle, appliquée à une silhouette chic métropolitaine, métissée de belgitude. » Pour ancrer le tout dans l'époque, une bottine édouardienne en python. Son lien avec la Belgique, on le trouve dans la rigueur, une attention particulière au montage, aux formes, à l'ornementation stricte, à des couleurs sombres, à un souci architectural de la construction. Subtilement, il invente une nouvelle élégance urbaine et structurée, sans aucun effet désuet, à adopter par souci d'une allure impérieuse, avec la légèreté d'une ère « Art nouveau » plus mûre d'un siècle, qui ne s'encombrerait pas de trop de questions. Olivier Theyskens reste cohérent avec son identité créative profonde. « Je ne suis pas intimidé par rapport à mes fondamentaux. » Une attitude, elle aussi, sans époque.
infos points de vente : info@oliviertheyskens.com.

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